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	<title>Défense &#8211; Media Normandie</title>
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		<title>À Évreux, le laboratoire grandeur nature de la future défense européenne</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 16:48:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’armée européenne n’existe pas encore. Mais à Évreux, dans l’Eure, une partie de son ADN est déjà en train de s’écrire. Sur le tarmac de la base aérienne 105, Français et Allemands volent, décident et opèrent ensemble au quotidien. Créé officiellement en septembre 2021, l’escadron binational de transport tactique « Rhein-Rhin » (BATS – Binational Air Transport Squadron) est aujourd’hui bien plus qu’une simple coopération militaire : il est devenu l’une des expériences les plus concrètes et les plus avancées de l’Europe de la Défense. Alors que les tensions géopolitiques se multiplient aux frontières du continent et que les États européens accélèrent leur réarmement, cette unité unique en Europe apparaît comme un modèle de ce que pourrait être la défense du XXIe siècle : intégrée, réactive et fondée sur une confiance mutuelle. Une capacité désormais à pleine puissance L’année 2025 marque un tournant majeur pour le BATS. Avec une flotte désormais complète de dix avions C-130J et KC-130J, l’escadron a atteint sa pleine capacité opérationnelle. Installée dans des infrastructures ultramodernes de la BA 105, l’unité dispose de trois hangars de maintenance de près de 3 000 m² chacun, spécialement conçus pour accueillir cette flotte stratégique. Quatre appareils appartiennent à la France, six à l’Allemagne. Capables de transporter hommes, matériel et équipements sur les théâtres d’opérations les plus exigeants, les C-130J constituent l’un des piliers du transport tactique européen. Les versions KC-130J permettent en outre le ravitaillement en vol, offrant une autonomie accrue aux opérations aériennes. Le rythme d’activité témoigne de cette montée en puissance. Après avoir franchi le seuil symbolique des 10 000 heures de vol en novembre 2023, l’escadron a ajouté plus de 3 200 heures supplémentaires au cours de l’année 2025. L’Europe de la Défense à hauteur d’hommes Mais la véritable singularité du projet ne se mesure pas seulement en heures de vol ou en capacités logistiques. Elle réside dans les femmes et les hommes qui composent cette unité hors norme. Fin 2025, le BATS rassemble 330 militaires : 220 Français, dont une trentaine de femmes, et 110 Allemands. Chaque jour, mécaniciens, navigateurs, pilotes et personnels de soutien travaillent ensemble au sein d’équipages totalement mixtes. Dans les salles de briefing comme dans les hangars, plusieurs langues se croisent naturellement. L’anglais sert de langue opérationnelle, tandis que l’allemand et le français rythment le quotidien d’une coopération devenue réalité. Cette mixité s’exprime également au sommet de l’organisation. L’escadron fonctionne sous un commandement partagé entre le lieutenant-colonel Pierre-Olivier, commandant français de l’unité, et le lieutenant-colonel Mail, son adjoint allemand. Une nouvelle rotation du commandement est d’ailleurs prévue dans les prochains mois, illustrant la volonté de maintenir un équilibre permanent entre les deux nations. Évreux, capitale discrète de l’intégration militaire européenne Au fil des années, cette coopération a dépassé le strict cadre militaire. De nombreuses familles allemandes se sont installées dans l’agglomération ébroïcienne, créant des liens durables avec le territoire. Écoles, commerces, associations sportives et vie culturelle participent désormais à cette intégration qui fait d’Évreux l’un des symboles les plus concrets du rapprochement franco-allemand. Cette dimension humaine constitue sans doute la plus grande réussite du projet : transformer une alliance stratégique en communauté de vie. Une préfiguration de l’Europe militaire de demain Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, la montée des menaces hybrides et les interrogations sur l’autonomie stratégique du continent, l’expérience menée à Évreux est observée avec attention par de nombreux partenaires européens. Car au-delà des avions et des infrastructures, le BATS démontre qu’il est possible de partager des moyens, des procédures, une chaîne de commandement et une vision opérationnelle commune sans renoncer aux souverainetés nationales. L’armée européenne reste un horizon politique encore débattu. Pourtant, sur la base aérienne d’Évreux, certains de ses fondements existent déjà. Entre les hangars où sont entretenus les C-130J, les briefings multilingues et les équipages franco-allemands qui décollent chaque jour pour de nouvelles missions, l’Europe de la Défense n’est plus seulement un concept. Elle prend forme, concrètement, au-dessus des pistes normandes. Et si l’histoire militaire européenne devait un jour franchir une nouvelle étape décisive, il est possible que les premiers chapitres aient déjà été écrits ici, dans l’Eure.]]></description>
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<p>L’armée européenne n’existe pas encore. Mais à Évreux, dans l’Eure, une partie de son ADN est déjà en train de s’écrire.</p>
<p>Sur le tarmac de la base aérienne 105, Français et Allemands volent, décident et opèrent ensemble au quotidien. Créé officiellement en septembre 2021, l’escadron binational de transport tactique « Rhein-Rhin » (BATS – Binational Air Transport Squadron) est aujourd’hui bien plus qu’une simple coopération militaire : il est devenu l’une des expériences les plus concrètes et les plus avancées de l’Europe de la Défense.</p>
<p>Alors que les tensions géopolitiques se multiplient aux frontières du continent et que les États européens accélèrent leur réarmement, cette unité unique en Europe apparaît comme un modèle de ce que pourrait être la défense du XXIe siècle : intégrée, réactive et fondée sur une confiance mutuelle.</p>
<h2>Une capacité désormais à pleine puissance</h2>
<p>L’année 2025 marque un tournant majeur pour le BATS. Avec une flotte désormais complète de dix avions C-130J et KC-130J, l’escadron a atteint sa pleine capacité opérationnelle.</p>
<p>Installée dans des infrastructures ultramodernes de la BA 105, l’unité dispose de trois hangars de maintenance de près de 3 000 m² chacun, spécialement conçus pour accueillir cette flotte stratégique. Quatre appareils appartiennent à la France, six à l’Allemagne.</p>
<p>Capables de transporter hommes, matériel et équipements sur les théâtres d’opérations les plus exigeants, les C-130J constituent l’un des piliers du transport tactique européen. Les versions KC-130J permettent en outre le ravitaillement en vol, offrant une autonomie accrue aux opérations aériennes.</p>
<p>Le rythme d’activité témoigne de cette montée en puissance. Après avoir franchi le seuil symbolique des 10 000 heures de vol en novembre 2023, l’escadron a ajouté plus de 3 200 heures supplémentaires au cours de l’année 2025.</p>
<h2>L’Europe de la Défense à hauteur d’hommes</h2>
<p>Mais la véritable singularité du projet ne se mesure pas seulement en heures de vol ou en capacités logistiques.</p>
<p>Elle réside dans les femmes et les hommes qui composent cette unité hors norme.</p>
<p>Fin 2025, le BATS rassemble 330 militaires : 220 Français, dont une trentaine de femmes, et 110 Allemands. Chaque jour, mécaniciens, navigateurs, pilotes et personnels de soutien travaillent ensemble au sein d’équipages totalement mixtes.</p>
<p>Dans les salles de briefing comme dans les hangars, plusieurs langues se croisent naturellement. L’anglais sert de langue opérationnelle, tandis que l’allemand et le français rythment le quotidien d’une coopération devenue réalité.</p>
<p>Cette mixité s’exprime également au sommet de l’organisation. L’escadron fonctionne sous un commandement partagé entre le lieutenant-colonel Pierre-Olivier, commandant français de l’unité, et le lieutenant-colonel Mail, son adjoint allemand. Une nouvelle rotation du commandement est d’ailleurs prévue dans les prochains mois, illustrant la volonté de maintenir un équilibre permanent entre les deux nations.</p>
<h2>Évreux, capitale discrète de l’intégration militaire européenne</h2>
<p>Au fil des années, cette coopération a dépassé le strict cadre militaire.</p>
<p>De nombreuses familles allemandes se sont installées dans l’agglomération ébroïcienne, créant des liens durables avec le territoire. Écoles, commerces, associations sportives et vie culturelle participent désormais à cette intégration qui fait d’Évreux l’un des symboles les plus concrets du rapprochement franco-allemand.</p>
<p>Cette dimension humaine constitue sans doute la plus grande réussite du projet : transformer une alliance stratégique en communauté de vie.</p>
<h2>Une préfiguration de l’Europe militaire de demain</h2>
<p>Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, la montée des menaces hybrides et les interrogations sur l’autonomie stratégique du continent, l’expérience menée à Évreux est observée avec attention par de nombreux partenaires européens.</p>
<p>Car au-delà des avions et des infrastructures, le BATS démontre qu’il est possible de partager des moyens, des procédures, une chaîne de commandement et une vision opérationnelle commune sans renoncer aux souverainetés nationales.</p>
<p>L’armée européenne reste un horizon politique encore débattu. Pourtant, sur la base aérienne d’Évreux, certains de ses fondements existent déjà.</p>
<p>Entre les hangars où sont entretenus les C-130J, les briefings multilingues et les équipages franco-allemands qui décollent chaque jour pour de nouvelles missions, l’Europe de la Défense n’est plus seulement un concept. Elle prend forme, concrètement, au-dessus des pistes normandes.</p>
<p>Et si l’histoire militaire européenne devait un jour franchir une nouvelle étape décisive, il est possible que les premiers chapitres aient déjà été écrits ici, dans l’Eure.</p>
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