Rouen : une grenade lacrymogène aux pieds d’un enfant de 5 ans, la police dans la tourmente !
Une mère de famille, trois enfants, une rue commerçante et une grenade lacrymogène qui explose à leurs pieds. À Rouen, les images d’une intervention policière survenue samedi 24 octobre provoquent une vague d’indignation. Alors que la police évoque une intervention nécessaire face à des individus menaçants, les vidéos soulèvent une question explosive : comment une simple promenade familiale a-t-elle pu se transformer en scène de panique sous les gaz lacrymogènes ?
UNE BALADE EN FAMILLE QUI VIRE AU CAUCHEMAR
Samedi 24 octobre 2026, vers 17 heures, dans le centre-ville de Rouen. Une mère et ses trois enfants, âgés de 5 à 13 ans, rentrent tranquillement chez eux après une promenade.
Au croisement des rues Saint-Nicolas et de la Croix-de-Fer, la situation bascule.
Sur des vidéos diffusées massivement sur les réseaux sociaux, un policier à moto, casqué et identifiable par l’inscription « Police », dégoupille une grenade avant de la lancer à quelques mètres devant lui.
Le projectile explose à proximité immédiate de la famille, au pied de l’un des enfants, âgé de seulement 5 ans.
En quelques secondes, la rue se remplit de gaz lacrymogène. La mère et ses enfants prennent la fuite, en pleurs.
Une scène sidérante. Et une question : quelle menace pouvait bien représenter un enfant de 5 ans ?
LA VERSION POLICIÈRE FACE AUX IMAGES : DEUX RÉALITÉS QUI S’AFFRONTENT
Du côté des représentants de la police, le discours est radicalement différent.
Karim Bennacer, secrétaire régional Normandie du syndicat Alliance Police nationale, affirme que les fonctionnaires ont été violemment pris à partie par des individus déterminés à en découdre.
Selon lui, les policiers auraient fait usage de la force de manière nécessaire et proportionnée.
Mais les images interrogent.
On distingue effectivement plusieurs personnes marchant devant la famille, dont certaines semblent avoir participé à la manifestation organisée ce jour-là contre la vie chère.
Pour autant, dans la séquence diffusée, aucune agression immédiate contre les policiers n’apparaît clairement au moment du lancer.
Et même si des tensions ont précédé la scène, une question demeure : comment justifier qu’une grenade explose aux pieds d’enfants qui ne participaient à aucun affrontement ?
C’est précisément ce que les enquêteurs devront établir.
LE MAIRE DE ROUEN MONTE AU CRÉNEAU
Face à la polémique, Nicolas Mayer-Rossignol, maire socialiste de Rouen, n’a pas attendu pour réagir.
Lundi 26 octobre, il saisit le procureur de la République, Sébastien Gallois.
Dans son signalement, il précise que la mère de famille et ses trois enfants ne participaient à aucun rassemblement.
Plus grave encore, selon l’élu, aucun trouble apparent à l’ordre public ne justifiait l’emploi d’un tel projectile à cet instant.
Le maire réclame des sanctions si des manquements sont confirmés.
De son côté, la mère de famille a déposé plainte contre X.
Ce qui devait être une simple promenade est désormais devenu une affaire judiciaire.
ENQUÊTE JUDICIAIRE ET ENQUÊTE INTERNE : LE POLICIER IDENTIFIÉ
Face à la diffusion des images et à l’émotion suscitée, les autorités ont engagé des investigations.
Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Rouen afin d’établir les circonstances exactes de l’intervention.
En parallèle, une enquête interne a été diligentée au sein de la police nationale. Le fonctionnaire à l’origine du lancer a été identifié.
La députée insoumise Alma Dufour a également saisi la justice, dénonçant notamment de possibles usages disproportionnés de la force lors des événements du 24 octobre.
Reste maintenant à déterminer si le geste du policier était justifié, si les règles d’utilisation des moyens lacrymogènes ont été respectées et si des responsabilités doivent être engagées.
MAINTIEN DE L’ORDRE OU USAGE DISPROPORTIONNÉ DE LA FORCE ?
Au-delà de cette affaire, c’est une question fondamentale qui ressurgit : jusqu’où les forces de l’ordre peuvent-elles aller pour disperser un groupe de personnes ?
Une grenade lacrymogène n’est pas un accessoire anodin. Son utilisation dans un espace public fréquenté comporte des risques, particulièrement lorsque des enfants se trouvent à proximité.
Le maintien de l’ordre suppose de faire respecter la loi. Mais il impose également de protéger les citoyens, y compris ceux qui se retrouvent involontairement au milieu d’une intervention.
Et c’est bien là que les images de Rouen dérangent.
Car derrière les arguments sécuritaires, les justifications opérationnelles et les déclarations syndicales, il reste une réalité difficile à ignorer : une mère et ses trois enfants ont dû fuir un nuage de gaz lacrymogène provoqué par un projectile lancé par un policier.
À ROUEN, LES IMAGES ACCUSENT, LA JUSTICE DEVRA TRANCHER
Le policier concerné bénéficie, comme tout citoyen, de la présomption d’innocence. L’enquête devra déterminer précisément ce qui s’est passé avant, pendant et après cette intervention.
Mais une enquête ne doit pas devenir un prétexte pour esquiver les questions.
Pourquoi cette grenade a-t-elle été lancée à cet endroit ? Quelle menace précise devait-elle neutraliser ? Les policiers avaient-ils identifié la présence des enfants ? D’autres moyens étaient-ils possibles ?
À Rouen, une famille est sortie se promener. Elle s’est retrouvée sous les gaz.
Et désormais, c’est à la justice de répondre à cette question qui dépasse largement le cadre de cette seule intervention :
Quand ceux qui sont chargés de protéger la population mettent des enfants en danger, qui doit rendre des comptes ?
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