Hantavirus : 42 jours d’angoisse
Alors qu’une Française rapatriée d’un bateau contaminé a été testée positive, le gouvernement active un protocole d’une rigueur inédite. Entre quarantaine stricte, prison et amendes, l’inquiétude monte.
C’est un scénario que l’on croyait appartenir au passé, celui des débuts chaotiques du Covid-19. Pourtant, ce lundi 11 mai, la France se réveille avec un nouveau spectre : celui de l’hantavirus. Et les mesures prises par le gouvernement ont de quoi faire frémir. Isolement obligatoire, surveillance pendant six semaines, menaces de prison… Bienvenue dans l’ère de la « précaution maximale ».
Un premier cas confirmé, une ministre en alerte
L’information est tombée ce matin sur France Inter. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l’a annoncée d’une voix grave : une Française, rapatriée dimanche par avion, a été testée positive à l’hantavirus. « Son état s’est dégradé dans la nuit », a-t-elle précisé, semant une inquiétude immédiate. Cette passagère est désormais hospitalisée dans un service spécialisé en maladies infectieuses.
Les quatre autres Français du même vol sont à l’hôpital Bichat, à Paris, confinés dans des chambres spécialisées. Leurs premiers tests sont négatifs, mais la menace reste entière. Pourquoi ? Parce que l’hantavirus, souche Andes, dispose d’une période d’incubation pouvant aller jusqu’à… six semaines.
42 jours de quarantaine : le gouvernement ne rigole pas
Dans la nuit de dimanche à lundi, un décret a été publié au Journal officiel. Son objectif : « Casser les chaînes de transmission », martèle la ministre. Mais la méthode est d’une sévérité rarement vue.
-
Pour les cinq rapatriés du MV Hondius (le bateau contaminé) : ils sont placés en quarantaine immédiate, puis soumis à une évaluation médicale. À l’issue, ils seront maintenus enfermés pour une durée totale de 42 jours.
-
Pour les « cas contact » : toute personne ayant croisé un passager du navire ou une personne infectée pourra être mise en quarantaine. Ce n’est pas une suggestion, c’est une obligation.
-
Pour les voyageurs des vols affrétés (Sainte-Hélène – Johannesburg – Amsterdam) : ils doivent se signaler sans délai aux autorités. S’ils ne le font pas, ils risquent la même sanction.
Amendes, prison… et peur rétrospective
Le ton est donné. Le non-respect de ces mesures d’isolement est passible d’une amende. Mais le gouvernement va plus loin : en cas de trois verbalisations en 30 jours, le contrevenant s’expose à six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende.
Sur les réseaux sociaux, l’inquiétude monte. « De la prison pour avoir sorti sa poubelle en quarantaine ? », s’étrangle un internaute. « On nous promet que ce n’est pas un nouveau Covid, mais on nous traite comme si ça l’était », ajoute un autre.
Pourtant, la ministre tente de rassurer : « Nous prenons les mesures les plus strictes de la zone européenne pour protéger les Français. » Elle assure que la France dispose de stocks de masques, de tests, et que l’Institut Pasteur est en première ligne.
L’Europe sous tension, l’OMS temporise
Partout en Europe, les regards se tournent vers Tenerife. Depuis dimanche, plus de 90 personnes ont été évacuées du MV Hondius, ce bateau parti d’Ushuaïa le 1er avril. Des vols spéciaux sont affrétés vers les Pays-Bas, le Canada, les États-Unis… Et vers la France.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tente d’éteindre l’incendie médiatique. « *Ce n’est pas comparable au début du Covid-19* », insiste l’organisation. Mais l’OMS elle-même classe tous les occupants du navire comme des « contacts à haut risque », nécessitant une surveillance de 42 jours.
Une inquiétude légitime ?
Septuor de questions. Avec seulement 22 Français cas contacts identifiés, la France est-elle en train de déployer un arsenal nucléaire contre un virus à la propagation encore mal connue ? Ou, au contraire, cette réaction « 100 % fermeture » est-elle le prix à payer pour éviter un nouveau désastre sanitaire ?
Les prochaines heures seront cruciales. Alors que les vols d’évacuation doivent reprendre cet après-midi, une chose est sûre : le mot d’ordre est tombé. En France, on ne prend plus de risques. Quitte à confiner, surveiller, et menacer de prison.
L’angoisse, elle, est déjà en liberté conditionnelle. Pour 42 jours.
Partager :
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon
- Partager sur Threads(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Threads
- Partager sur Bluesky(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Bluesky
Articles similaires
Vous aimerez aussi
Villers-sur-Mer : Plus de 70 000 visiteurs en 2023 au Paléospace
février 8, 2024
Éducation Nationale : La Colère des Parents d’Enfants Sourd en Normandie
janvier 8, 2025