Evreux

Le Landin : quand les intérêts privés du maire se retrouvent dans le viseur de la justice !

    Prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux, constructions en zone protégée et travaux poursuivis malgré une décision de justice… Dans l’Eure, le maire du Landin se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire explosive. Rendez-vous devant le tribunal correctionnel d’Évreux le 25 mars 2027 !

Un maire, des permis de construire, une société immobilière et trois pavillons destinés à la location. Voilà les ingrédients d’une affaire qui pourrait sérieusement ébranler la confiance dans la gestion municipale de cette petite commune de l’Eure.

Michel Dezellus, maire du Landin depuis vingt-cinq ans, devra répondre de plusieurs accusations devant la justice. Et les faits qui lui sont reprochés sont loin d’être anodins.

 

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Selon les informations publiées le 29 octobre 2026 par InfoNormandie, l’élu est notamment poursuivi pour prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux.

Quand le maire délivre des permis… à sa propre société !

C’est le point particulièrement sensible de ce dossier.

Selon les éléments communiqués par le procureur de la République d’Évreux, Rémi Coutin, l’élu est soupçonné d’avoir délivré ou fait délivrer plusieurs permis de construire au bénéfice d’une société civile immobilière (SCI) dont il était lui-même le gérant.

Autrement dit, le maire est soupçonné d’avoir utilisé ses prérogatives municipales pour autoriser des projets immobiliers dans lesquels il possédait des intérêts personnels.

Une situation qui soulève une question fondamentale : où s’arrête l’intérêt général et où commence l’intérêt privé ?

D’autant que les autorisations auraient été accordées malgré des avis défavorables des services préfectoraux.

Au total, trois pavillons individuels auraient été construits puis proposés à la location par la société immobilière concernée.

Natura 2000 : quand la protection de l’environnement passe au second plan ?

Autre volet particulièrement préoccupant : l’un des terrains concernés se trouve dans une zone Natura 2000, un espace bénéficiant d’une protection environnementale spécifique.

Malgré les réserves exprimées par les services de l’État, des autorisations de construire auraient été délivrées.

Plus grave encore, il est reproché à l’élu d’avoir laissé se poursuivre des travaux malgré une ordonnance de suspension prononcée par le tribunal administratif de Rouen.

Une question se pose alors : les règles d’urbanisme et les décisions de justice peuvent-elles être contournées lorsqu’on occupe le fauteuil de maire ?

C’est précisément ce que les magistrats devront examiner.

Le réseau Natura 2000, présenté par le ministère de la Transition écologique, vise à préserver des habitats naturels et des espèces remarquables. Les projets situés dans ces zones peuvent être soumis à des exigences environnementales particulières.

Perquisition à la mairie, garde à vue et contrôle judiciaire

L’affaire a pris une nouvelle dimension le 26 octobre 2026.

Après un signalement effectué par la préfecture de l’Eure auprès du parquet le 21 octobre 2025, une enquête préliminaire avait été confiée à la brigade de recherches de Pont-Audemer.

Les investigations ont finalement conduit à une perquisition dans les locaux de la mairie du Landin et au placement en garde à vue de Michel Dezellus.

Le 28 octobre, l’élu a été présenté à la justice avant de recevoir sa convocation pour le tribunal correctionnel d’Évreux.

Il a également été placé sous contrôle judiciaire, avec notamment une obligation de cautionnement dont le montant n’a pas été rendu public.

De la mairie au tribunal correctionnel, l’affaire a donc pris une tournure particulièrement sérieuse.

Faux, usage de faux et prise illégale d’intérêts : des accusations qui interrogent

Au-delà des constructions litigieuses, c’est aussi la manière dont certaines décisions municipales auraient été prises qui se retrouve au cœur du dossier.

Un élu local dispose de responsabilités importantes. Il doit faire appliquer les règles d’urbanisme, protéger les intérêts de sa commune et garantir l’impartialité des décisions publiques.

Mais que se passe-t-il lorsque celui qui délivre les autorisations est également celui qui pourrait en tirer un avantage personnel ?

La fonction de maire ne donne ni passe-droit ni privilège face à la loi.

Les accusations de prise illégale d’intérêts, de faux et d’usage de faux donnent à cette affaire une portée qui dépasse largement un simple différend administratif.

L’article 432-12 du Code pénal encadre notamment l’infraction de prise illégale d’intérêts.

Il appartiendra désormais au tribunal de déterminer si les infractions reprochées sont constituées.

Le maire conteste les accusations

Michel Dezellus rejette l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Selon les déclarations du procureur rapportées par InfoNormandie, l’élu a contesté les accusations lors de ses auditions.

Il demeure donc pleinement présumé innocent à ce stade de la procédure.

Mais une chose est certaine : le 25 mars 2027, les débats devant le tribunal correctionnel d’Évreux seront particulièrement attendus.

Le Landin : une affaire qui pose la question de l’exemplarité des élus

Au-delà du sort judiciaire du maire, cette affaire soulève une interrogation essentielle sur le fonctionnement de nos collectivités.

Comment garantir l’impartialité des décisions municipales lorsque des intérêts personnels et des responsabilités publiques sont susceptibles de se croiser ?

Comment assurer le respect des règles environnementales lorsque des projets immobiliers sont portés par ceux qui exercent l’autorité locale ?

Et surtout, comment préserver la confiance des habitants envers leurs représentants ?

Dans cette petite commune de l’Eure, cette affaire pourrait laisser des traces durables.

Car lorsqu’un maire est soupçonné d’avoir confondu intérêts privés et pouvoir municipal, c’est la crédibilité même de l’action publique qui se retrouve questionnée.

Rendez-vous le 25 mars 2027 à Évreux

Ce jour-là, Michel Dezellus devra répondre des faits qui lui sont reprochés devant les magistrats.

Entre permis controversés, constructions en zone protégée et soupçons de conflits d’intérêts, le dossier promet des débats judiciaires importants.

Au Landin, la justice devra déterminer si les règles ont été respectées… ou si certains intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général.

Michel Dezellus conteste les accusations et bénéficie de la présomption d’innocence.

 

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