Chez Miocque : la renaissance d’une légende normande où Marilyn et Chanel ont laissé leur âme
Deauville, sur la côte normande, certaines adresses ne se contentent pas de servir des repas : elles traversent les époques, les modes et les vies. Chez Miocque, rue Eugène-Colas, fait partie de ces monuments discrets. Déjà dans les années folles, le lieu attirait le gotha. Cent ans plus tard, après un coma forcé d’un an et une rénovation totale, il rouvre ses portes. Récit d’une résurrection signée Bourdoncle.
L’adresse de toutes les vies
On y est passé de Johnny à Meryl, de Warhol à Louis de Funès. Marilyn Monroe y aurait même laissé un sourire de cinéma. Dans les années 20, la table faisait déjà figure d’épicentre du chic décontracté. Et puis le temps, les mauvaises reventes, l’oubli… Le lieu s’était éteint, quasi en ruine.
C’était sans compter sur Thierry Bourdoncle et Ariane de Senneville, le couple passionné à la tête du groupe éponyme (propriétaire du mythique Sénéquier à Saint-Tropez et des bars Hibou à Megève, Paris et Deauville). En septembre 2024, ils arpentent la côte Fleurie et sentent une évidence : la station manque d’un vrai bar américain, élégant, sans chichis, où les générations se croisent autour d’un cocktail ou d’un poulet à l’estragon.
Une rénovation totale, une âme ancienne
Il leur a fallu plus d’un an de travaux. Du sol au plafond. Chez Miocque renaît donc en décembre dernier, intimiste et quasi confidentiel : trente couverts seulement à l’intérieur. Un choix délibéré pour renouer avec le contact cher au temps d’autrefois, quand on venait ici « pour voir et être vu », selon le mot de Jacques Aviègne, l’ancien maître des lieux.
À l’étage, un bar aux lumières tamisées invite à l’avant-soirée ou à la prolongation. L’ambiance feutrée est sublimée par les caricatures grand format de l’artiste Simon Carloni, qui tapissent les murs comme un clin d’œil facétieux à l’histoire du lieu.
Dans l’assiette : la tradition en finesse
Car la bonne table ne se repose pas sur ses légendes. La carte, courte mais ciselée, fait la part belle aux classiques revisités avec un coup de patte venu de Las Vegas – où le couple vit une partie de l’année.
– Le poulet à l’estragon (29 €) : une idée née à la sortie d’un steakhouse américain, ici en version normande, d’une justesse bluffante.
– Le bœuf Wellington (118 € pour 2 à 3 personnes) : pâte feuilletée croustillante, filet tendre, sauce madère. Un plat à commander en arrivant, comme un rituel.
– Les moules bien crémées (28 €) : un geste simple, presque évident, mais exécuté avec une générosité rare.
Chaque assiette raconte une histoire. Celle d’un lieu qui a traversé les scandales, les fermetures, les rumeurs. Et qui, aujourd’hui, grâce à un pari risqué et une responsabilité assumée envers les Deauvillais, a enfin retrouvé ce qui lui appartenait : la lumière.
En pratique
Chez Miocque 81 rue Eugène Colas, 14800 Deauville.
Ouvert tous les jours de 12h à 15h et de 19h à 23h.
Réservations conseillées (30 couverts).
https://www.chezmiocque-deauville.com
Le temps d’un dîner, on ne sait plus quelle époque on habite. C’est peut-être ça, la vraie adresse éternelle.
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