Evreux

Évreux : 1 million d’euros et un conseil municipal sous haute tension

 

 

Rock in Évreux revient hanter la Ville. Plus d’un million d’euros provisionné, des accusations qui fusent, des réponses sèches et une ambiance devenue électrique : lundi 5 octobre 2026, le conseil municipal d’Évreux a viré à l’affrontement autour de l’héritage financier du festival.

Un chiffre. Et la salle change immédiatement d’atmosphère.

1,036 million d’euros.

C’est la somme provisionnée par la Ville dans le cadre des contentieux liés au festival Rock in Évreux.

Sur les 1,5 million d’euros de provisions inscrites pour différents litiges, plus des deux tiers concernent donc directement ce dossier.

Un montant qui fait bondir l’opposition.

Et très vite, les questions deviennent des attaques.

« Y a-t-il eu un problème d’anticipation ? »

La première salve vient d’Eugénie Petitjean.

« Y a-t-il eu un problème d’anticipation ? »

La question est simple.

La réponse, beaucoup moins.

Que couvre exactement ce million d’euros ?

Les déficits successifs du festival ? Des factures impayées ? Des contentieux avec des prestataires ? Plusieurs dossiers cumulés ?

L’adjoint aux Finances Guillaume Rouger reste prudent et évoque un « sujet événementiel ».

Les détails, eux, ne sont pas dévoilés en raison des procédures en cours.

Mais dans la salle, la tension ne retombe pas.

Car un constat s’impose : 1,036 million d’euros, c’est davantage que les quelque 930 000 euros de déficit cumulé évoqués depuis 2017.

Et forcément, l’écart interroge.

Samuel Brigantino attaque : « Vous en êtes grandement responsable »

Samuel Brigantino monte alors d’un cran.

Il vise directement la responsabilité politique de la majorité.

« On espère que vous allez prendre vos responsabilités sur ce festival parce que vous en êtes grandement responsable. »

Puis l’élu enfonce le clou.

Selon lui, la municipalité aurait trop souvent laissé des conflits se transformer en procédures judiciaires.

Sa formule claque dans la salle :

« Les habitants n’ont pas à payer le rapport de force. »

La réplique de Guillaume Rouger est immédiate.

Provisionner n’est pas reconnaître une responsabilité.

La Ville anticipe un risque financier.

Elle ne reconnaît pas pour autant devoir les sommes.

Sur le plan comptable, la nuance est importante.

Sur le plan politique, elle ne suffit pas à calmer les esprits.

Les 450 000 euros de McArthurGlen refont surface

Puis un autre dossier revient brutalement dans le débat.

450 000 euros.

Une somme versée par McArthurGlen et initialement destinée à accompagner notamment l’activité du territoire.

Pour Olivier Vermeulin, une partie de cet argent aurait finalement servi à remettre à flot le festival.

L’élu ne mâche pas ses mots.

Pour lui, les difficultés de Rock in Évreux étaient prévisibles depuis longtemps.

« Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit »

Olivier Vermeulin rappelle alors ses précédents avertissements.

« Nous sommes arrivés au million. »

Puis il poursuit :

« Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit déjà lors de la précédente mandature. »

Et encore :

« Plusieurs fois, j’ai rappelé que l’organisation faite pour ce festival ne pouvait qu’amener à du déficit. »

Le ton est lourd.

Le constat aussi.

Le festival a beau avoir été arrêté, sa disparition n’a pas fait disparaître ses conséquences financières.

Au contraire.

Elles arrivent désormais en plein cœur du conseil municipal.

Un festival mort, mais une facture toujours vivante

Rock in Évreux n’est plus.

Mais politiquement, le festival refuse de quitter la scène.

Les pertes accumulées, les décisions prises pour maintenir l’événement et les contentieux engagés continuent de peser sur les comptes de la Ville.

Lundi soir, les autres dossiers évoqués — urbanisme, marchés publics, ressources humaines — ont presque disparu derrière cette énorme provision.

Plus d’un million d’euros.

Le chiffre écrase tout.

Et ramène une question que l’opposition pose désormais frontalement :

qui paiera réellement la note finale ?

Brigantino relance le clash

Alors que le débat semble enfin pouvoir retomber, Samuel Brigantino remet une pièce dans la machine.

Cette fois, il évoque son recours contre les élections municipales de mars 2026.

Et lance :

« La future probable élection, vous l’avez mise dedans ? Ça demandera de nouveau du budget. »

Provocation assumée.

Allusion directe à la procédure engagée devant le tribunal administratif.

La réponse du maire Guy Lefrand tombe immédiatement.

Deux mots.

« Ne rêvez pas. »

Sec.

Direct.

Sans détour.

Une dernière passe d’armes qui résume presque à elle seule l’ambiance de la soirée.

Le million qui ne passe pas

À Évreux, Rock in Évreux est désormais terminé.

Mais le dossier, lui, est loin d’être enterré.

Car derrière la disparition du festival subsistent les procédures, les déficits, les responsabilités contestées et surtout ce chiffre devenu politiquement explosif :

1,036 MILLION D’EUROS

Une provision.

Pas encore une facture définitive.

Mais déjà un poids énorme dans le débat public.

Et lundi 5 octobre, ce million d’euros aura suffi à transformer le conseil municipal en véritable champ de confrontation.

Rock in Évreux ne fait plus vibrer les scènes. Mais au conseil municipal, il continue de faire trembler les murs.

 

 

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