Evreux

Eure : après les sénatoriales, le règlement de comptes explose au Département

    Téléphones écartés, réunion à huis clos, trois heures d’explications et accusations de « procès en sorcellerie » : au lendemain des sénatoriales, la tension serait brutalement montée d’un cran au sommet du Département de l’Eure.

Les urnes à peine refermées, les couteaux politiques étaient déjà de sortie.

Dimanche 27 septembre, Hervé Maurey réalise une démonstration de force aux élections sénatoriales dans l’Eure : 920 voix et deux sièges pour sa liste. Frédéric Duché obtient 507 voix et un siège. Hervé Maurey, Kristina Pluchet et Frédéric Duché sont élus sénateurs.

Mais pour Jean-Paul Legendre, troisième sur la liste Maurey, les portes du Palais du Luxembourg restent fermées.

Et dès le lendemain, changement brutal d’ambiance.

UNE RÉUNION QUI VIRE AU RÈGLEMENT DE COMPTES

Au siège du Département de l’Eure, une réunion interne de la majorité départementale est organisée.

À la manœuvre : Alexandre Rassaërt, président du Département.

Au centre des discussions : le choix de Jean-Paul Legendre, vice-président du Département, d’avoir fait campagne aux côtés d’Hervé Maurey alors qu’une large partie de la majorité départementale soutenait Frédéric Duché.

Selon le récit rapporté, la réunion aurait duré près de trois heures.

Et les échanges auraient été particulièrement musclés.

Hervé Maurey dénonce carrément un « procès en sorcellerie » et évoque, dans des termes particulièrement violents, une réunion « digne des purges staliniennes ».

Une accusation explosive.

Jean-Paul Legendre, lui, choisit des mots beaucoup plus mesurés. Il refuse de se présenter en victime mais reconnaît une « explication franche et sincère » dans un contexte purement politique.

Autrement dit : ça a chauffé.

920 CONTRE 507 : LE SCRUTIN QUI LAISSE DES TRACES

Impossible d’ignorer les chiffres.

La liste conduite par Hervé Maurey a obtenu 920 suffrages, contre 507 pour celle de Frédéric Duché : un écart de 413 voix.

Dans ce contexte, le choix de Jean-Paul Legendre de partir avec Maurey apparaît désormais au cœur des tensions internes.

Mais l’intéressé assume.

Il revendique son indépendance politique, explique distinguer les enjeux départementaux des élections nationales et dit avoir rejoint Hervé Maurey notamment pour sa vision de la ruralité.

Reste désormais une question très concrète :

Jean-Paul Legendre conservera-t-il ses délégations au Département ?

L’incertitude demeure.

LES TÉLÉPHONES MIS DE CÔTÉ : LE DÉTAIL QUI FAIT EXPLOSER LA POLÉMIQUE

Mais un autre épisode fait particulièrement parler.

Avant la réunion, les participants auraient dû se séparer temporairement de leurs téléphones portables.

Objectif affiché : empêcher tout enregistrement et garantir la confidentialité des échanges.

Jean-Paul Legendre ne cache pas sa surprise. Avocat de profession, il estime qu’une telle demande peut être formulée, mais conteste l’idée qu’elle puisse être imposée.

Du côté du Département, la lecture est toute autre : il s’agirait d’une précaution de confidentialité destinée à permettre aux élus de parler librement pendant une réunion interne.

Deux versions.

Une même certitude : la confiance ne paraît pas régner au sommet.

MAUREY CONTRE-ATTAQUE

Hervé Maurey, lui, ne cherche absolument pas à éteindre l’incendie.

Réélu sénateur le 27 septembre 2026, il transforme l’affaire en attaque politique frontale. Sa réélection est confirmée par le Sénat.

Il accuse ses adversaires d’utiliser des « méthodes brutales » et pointe une contradiction entre les appels publics au rassemblement et le traitement réservé, selon lui, à Jean-Paul Legendre.

Le sénateur prévient même que l’épisode « laissera des traces ».

Et cette phrase-là pourrait peser lourd.

Car derrière une simple réunion interne apparaît désormais une fracture beaucoup plus profonde : qui contrôle réellement la droite et le centre dans l’Eure ?

Les sénatoriales sont terminées.

Le règlement de comptes, lui, semble à peine commencer.

 

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