Évreux Portes de Normandie : conseil communautaire du 21 avril 2026

Retour sur le conseil communautaire du 21 avril 2026

Le conseil communautaire du 21 avril 2026 s’est tenu dans un climat particulièrement dense et souvent tendu, avec pas moins de 68 points inscrits à l’ordre du jour. Entre désignations, commissions et débats de fond, cette séance a une nouvelle fois mis en lumière des divergences profondes sur la gestion et les orientations de l’agglomération.

Dès l’ouverture, le ton était donné : comme à son habitude, le président de l’agglomération a fermé la porte à toute participation active de membres de l’opposition dans la gouvernance du territoire. Une attitude qui interroge, tant elle semble s’inscrire dans une logique d’exclusion plutôt que de construction collective.

Des décisions qui interrogent

Parmi les délibérations marquantes, l’augmentation des indemnités des élus a suscité de vives réactions. Si le terme de « rémunération » est soigneusement évité, la réalité reste inchangée : une hausse des indemnités dans un contexte où de nombreux ménages subissent des difficultés économiques. Le décalage entre les priorités affichées et les réalités vécues par les habitants apparaît ici particulièrement frappant.

Autre point majeur : le vote du budget primitif 2026. Ce budget a été vivement contesté par une partie de l’opposition. En cause, une augmentation continue des dépenses de fonctionnement et une hausse de 4 % du prix de l’eau et de l’assainissement. Une décision d’autant plus critiquée que les pertes sur le réseau – estimées à plus de 30 % – restent insuffisamment traitées. Plutôt que d’investir massivement dans la rénovation des infrastructures, le choix semble être fait de répercuter le coût sur les usagers.

À cela s’ajoutent des annonces d’investissements importants, qui laissent présager une augmentation significative de la dette dans les années à venir.

Une opposition peu entendue

Au fil des échanges, de nombreuses questions ont été posées par les élus d’opposition, sans obtenir de réponses réellement satisfaisantes. Le sentiment d’un dialogue à sens unique s’est renforcé, dans un contexte où les critiques sont souvent minimisées, voire tournées en dérision.

Les tensions ont parfois pris une tournure plus personnelle, comme en témoigne un échange particulièrement vif entre élus, illustrant un climat peu propice à un débat apaisé et constructif.

Une percée malgré tout

Dans ce contexte difficile, une avancée, certes modeste, est à noter : la liste présentée pour la commission d’appel d’offres a obtenu 19 voix, permettant l’élection d’un titulaire, Didier Cretot, maire de Gravigny, ainsi que d’un suppléant. Une présence qui permettra au moins un suivi plus étroit des grands projets d’investissement.

Transports : une politique contestée

Les débats sur les nouveaux tarifs du réseau de transport ont également cristallisé les désaccords. La question de la gratuité pour les personnes en situation de handicap a été au cœur des échanges. Le choix de la majorité de maintenir un tarif pour ces usagers, tout en accordant la gratuité à leurs accompagnants, a suscité incompréhension et indignation.

L’argument avancé selon lequel une tarification spécifique serait « stigmatisante » a été vivement contesté. Pour beaucoup, refuser d’adapter les politiques publiques aux réalités concrètes revient au contraire à renforcer les inégalités.

Le transport, rappelons-le, n’est pas un luxe mais une nécessité : accès aux soins, à l’emploi, à la vie sociale. Dans ce contexte, faire payer davantage les personnes les plus vulnérables apparaît difficilement défendable.

Eau et justice sociale

La hausse du prix de l’eau a également fait réagir. Si elle découle de décisions antérieures, la question de son impact sur les ménages reste entière. La proposition d’une tarification progressive, voire d’une gratuité des premiers mètres cubes indispensables, a été avancée comme piste de justice sociale. Une idée qui semble, pour l’heure, n’avoir reçu qu’un accueil prudent.

Une vision encore floue

Enfin, au-delà des décisions immédiates, c’est l’absence d’un projet global clairement défini qui inquiète. Si une réflexion sur les compétences de l’agglomération est évoquée, elle peine à se traduire en vision structurée. Le rôle du conseil de développement, pourtant essentiel pour associer les forces vives du territoire, reste incertain.

Une attente forte pour la suite

Cette séance marque le début d’une mandature et, pour certains élus, un temps d’observation. Mais les attentes sont fortes, et les prochaines orientations budgétaires seront déterminantes. Faute de réponses concrètes et d’une véritable inflexion politique, les oppositions pourraient se durcir.

Au final, ce conseil communautaire illustre une gouvernance qui semble se replier sur elle-même, davantage attachée à préserver ses équilibres internes qu’à construire un projet partagé avec l’ensemble du territoire et de ses habitants.

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