Fast-fashion : pourquoi les grandes enseignes échappent encore à la loi
Après la publication, le 14 avril, d’une étude sur la présence de vêtements issus de la fast-fashion dans les ressourceries, la Coalition Stop Fast-Fashion exhorte les législateurs à revoir le périmètre de la proposition de loi « Démoder la fast fashion ». Le collectif demande que les marques dites de « première génération » soient également concernées par les futures mesures.
L’étude, menée en partenariat avec le Réseau National des Ressourceries et Recycleries (RNRR), dresse un constat préoccupant : plus de la moitié des vêtements collectés dans 33 ressourceries françaises sont impropres au réemploi, en raison de leur mauvaise qualité. Parmi ces articles, 49 % proviennent de grandes enseignes de fast-fashion comme H&M, Zara, Mango ou Primark.
À l’inverse, les marques d’ultra-fast-fashion, telles que Shein ou Temu, ne représenteraient que 5 % du volume des dons non exploitables — soit dix fois moins que leurs homologues plus installées. Un écart que les auteurs de l’étude expliquent notamment par la relative jeunesse de ces plateformes, alors même qu’un Français sur trois en était client en 2025.
Pour la coalition, cette différence ne justifie pas une distinction dans la loi. Elle estime au contraire que séparer fast-fashion « traditionnelle » et « ultra » revient à minimiser l’impact global du secteur. « L’obsession actuelle pour cibler uniquement les acteurs de l’ultra fast-fashion est un écran de fumée », dénonce-t-elle, rappelant que « lorsqu’ils finissent en décharge, un tee-shirt H&M et un tee-shirt Shein ont le même impact environnemental ».
Le collectif critique ainsi l’évolution de la proposition de loi « Démoder la fast fashion avec un système de bonus-malus ». Initialement ambitieuse, celle-ci ne viserait désormais plus que certaines plateformes de vente en ligne, principalement asiatiques. Pourtant, le texte est en attente d’un passage en Commission Paritaire Mixte, deux ans après son adoption en première lecture à l’Assemblée nationale et neuf mois après son approbation au Sénat.
Face à ce qu’elle considère comme un recul, la Coalition Stop Fast-Fashion formule plusieurs revendications : inclure toutes les enseignes sans distinction, instaurer un malus financier dissuasif pouvant atteindre 10 euros par produit d’ici 2030, et interdire toute publicité pour les marques de fast-fashion.
Alors que la procédure législative semble au point mort, le collectif appelle le gouvernement à relancer rapidement les discussions afin d’aboutir à une version finale du texte et, à terme, à son adoption.
Partager :
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon
- Partager sur Threads(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Threads
- Partager sur Bluesky(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Bluesky
Articles similaires
Vous aimerez aussi
La brasserie Spore à Gravigny accueille une soirée rock
mai 5, 2025
Rencontre avec la Ferme des Meunières
septembre 17, 2024