Rien ne va plus au PS : la stratégie pour 2027 fait exploser le parti
Les tensions qui couvaient depuis des mois au Parti Socialiste prennent ce vendredi 8 mai une tournure de crise historique. Le torchon brûle définitivement entre le Premier secrétaire Olivier Faure et le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud. Ce dernier a officiellement claqué la porte de la direction, entraînant avec lui l’intégralité de son courant, soit 24 membres dont 21 secrétaires nationaux. La rupture est consommée.
Dans un courrier adressé à Olivier Faure et que l’AFP a pu consulter en exclusivité, le sénateur Alexandre Ouizille, mandataire du courant de Boris Vallaud, ne mâche pas ses mots. Il dénonce une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » des instances, et une « stratégie d’isolement et d’enlisement ». Le constat est cinglant : « Le plus souvent désormais tu décides seul. Le plus souvent en dehors des instances, de plus en plus rarement réunies. »
L’accord politique scellé il y a un an après le congrès du PS est aujourd’hui en miettes. Arrivé troisième, Boris Vallaud avait choisi de se rallier à Olivier Faure pour lui permettre de conserver la tête du parti face à Nicolas Mayer-Rossignol. Un compromis qui impliquait, selon Alexandre Ouizille, « notre association étroite aux discussions stratégiques, dialogue et recherche permanente de compromis. » Une promesse restée lettre morte selon les frondeurs.
La direction du PS a réagi vendredi par une déclaration lapidaire : « On ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires » de la gauche non-mélenchoniste. Avant d’ajouter : « Rien ne nous fera dévier de notre volonté de construire une solution de rassemblement crédible, solide et capable de gagner pour empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en 2027. »
Mais le mal est fait. Derrière ce divorce, c’est bien la question de la stratégie présidentielle qui déchire le PS. Officiellement, le parti planche sur l’organisation d’une primaire avec les écologistes et d’autres formations. Une perspective rejetée par une partie des cadres, dont Boris Vallaud, qui a lancé une initiative parallèle avec Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann. Leur objectif : élaborer d’abord « un projet commun » avant de désigner un candidat.
Cette ligne distincte nourrit ouvertement les ambitions de Boris Vallaud. Le député des Landes, qui envisage désormais clairement d’être candidat à la présidentielle, vient d’ailleurs de publier un livre consacré à « la démarchandisation » de la société, thème qu’il présente comme un axe de reconquête pour la gauche.
L’explosion du Parti Socialiste est désormais en plein jour. À moins de trois ans du scrutin suprême, le PS donne le spectacle d’une maison en flammes, déchirée entre la ligne Faure et les ambitions de Vallaud. La bataille pour l’Élysée est lancée, elle a déjà fait sa première victime : l’unité du parti.
Partager :
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon
- Partager sur Threads(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Threads
- Partager sur Bluesky(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Bluesky
Articles similaires
Vous aimerez aussi
La base aérienne d’Évreux théâtre d’un exercice international de transport militaire
mai 8, 2025
L’office de tourisme de Cabourg se remet en ordre de marche
janvier 21, 2024