Deauville déroule son tapis rouge : Roschdy Zem présidera le jury du Festival du cinéma américain

DEAUVILLE. À quelques semaines de voir les célèbres Planches retrouver l’effervescence des avant-premières et des flashes crépiter sous le soleil normand de septembre, le Festival du cinéma américain de Deauville dévoile le nom de celui qui guidera les débats de sa 52e édition. L’acteur et réalisateur Roschdy Zem présidera le jury du rendez-vous cinématographique du 4 au 13 septembre prochain.

Figure incontournable du cinéma français, Roschdy Zem succède à l’actrice Golshifteh Farahani à la tête d’un jury particulièrement attendu. Un choix qui incarne à la fois l’exigence artistique et l’ouverture sur un cinéma populaire, engagé et profondément humain.

À 60 ans, l’acteur affiche un parcours impressionnant, construit loin des raccourcis et des effets de mode. Révélé dans le cinéma d’auteur des années 1990, il a su conquérir un public toujours plus large à travers des films devenus emblématiques comme Chouchou ou 36 Quai des Orfèvres. Sa carrière prend une dimension internationale en 2006 lorsque le casting masculin d’Indigènes reçoit le Prix d’interprétation collective au Festival de Cannes.

Avec sa voix grave et sa présence magnétique, Roschdy Zem a longtemps incarné des policiers, des hommes de terrain ou des personnages taiseux. Mais au fil des années, son registre s’est enrichi de rôles plus intimes et sensibles. Une évolution récompensée en 2020 par le César du meilleur acteur pour son interprétation bouleversante dans Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin.

L’année 2025 a confirmé sa place parmi les visages majeurs du cinéma français avec 13 jours, 13 nuits, réalisé par Martin Bourboulon, où il interprète un acteur central de l’évacuation des réfugiés afghans depuis Kaboul à l’été 2021.

Mais Roschdy Zem ne se limite pas au jeu d’acteur. Derrière la caméra, il a signé six longs-métrages remarqués, parmi lesquels Persona Non Grata et Les Miens, salués pour leur regard sensible sur les liens familiaux et les fractures contemporaines.

Sa nomination donne déjà le ton d’une édition qui promet de mêler découvertes américaines, grands récits et émotions partagées. Dans l’écrin de Deauville, entre mer, sable et cinéma, le président du jury aura la lourde tâche de départager les œuvres en compétition. Une mission à la hauteur d’un artiste dont le parcours reflète, depuis plus de trente ans, toute la richesse et la diversité du septième art.

En septembre, les projecteurs se tourneront vers l’Amérique. Mais cette année, ils éclaireront aussi l’une des personnalités les plus respectées du cinéma français.

 

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