La France brûle, les macronistes passent enfin aux aveux

Il aura fallu des écoles transformées en fours, des hôpitaux bricolant des solutions de fortune et une France étouffant sous sa deuxième vague de chaleur de l’année pour entendre, enfin, quelques vérités sortir du camp présidentiel.

Pendant des années, Emmanuel Macron et ses gouvernements ont multiplié les discours sur la transition écologique. Aujourd’hui, plusieurs acteurs majeurs de ses deux quinquennats reconnaissent eux-mêmes ce que beaucoup dénonçaient déjà : la France n’est pas prête à affronter les conséquences du changement climatique.

« On n’a pas été assez loin assez vite », admet Gabriel Attal. Une confession rare dans une macronie davantage habituée à l’autosatisfaction qu’à l’autocritique. Mais l’ancien Premier ministre ne fait que mettre des mots sur une réalité devenue impossible à masquer : l’adaptation climatique a été le parent pauvre des politiques publiques.

Réduire les émissions ? Oui, un peu. Préparer le pays aux canicules, aux sécheresses, aux inondations et à l’effondrement des infrastructures ? Beaucoup moins.

Même Agnès Pannier-Runacher reconnaît désormais les retards accumulés. « Tous ces retards-là, on les paie aujourd’hui », affirme l’ancienne ministre. Et pour une fois, difficile de lui donner tort.

Car les faits sont là. Des centaines d’écoles contraintes d’adapter leurs horaires. Des examens nationaux déplacés. Des services hospitaliers sous tension. Des collectivités locales abandonnées face à des investissements colossaux qu’elles ne peuvent plus financer seules.

Le plus sidérant reste toutefois l’écart entre les constats et les actes.

D’un côté, les ministres expliquent qu’il faut accélérer l’adaptation du pays. De l’autre, le gouvernement continue de tailler dans les budgets censés justement permettre cette adaptation.

Le Fonds vert, destiné à aider les collectivités à rénover bâtiments et infrastructures, a été méthodiquement raboté. De 2,4 milliards d’euros en 2023, il tombe à 837 millions en 2026. Une saignée budgétaire difficilement compatible avec l’état d’urgence climatique régulièrement invoqué dans les discours officiels.

Même logique pour MaPrimeRénov’, régulièrement présentée comme un pilier de la transition énergétique avant d’être affaiblie au gré des arbitrages budgétaires. Dès qu’il faut économiser quelques milliards, l’écologie devient la variable d’ajustement. Toujours.

Un ancien conseiller ministériel résume brutalement la situation : en période de crise, le premier réflexe du pouvoir consiste à couper dans les crédits de la transition écologique. Et cela n’a jamais changé.

Le problème est désormais politique autant que climatique. Car les aveux se multiplient, mais les décisions suivent rarement. Les responsables reconnaissent les erreurs d’hier tout en reproduisant celles d’aujourd’hui.

Résultat : la France découvre dans l’urgence ce qu’elle aurait dû préparer depuis dix ans.

L’adaptation climatique n’est plus un sujet théorique débattu dans les conférences internationales. C’est une question de survie quotidienne, de santé publique, d’organisation des écoles, des villes et des services essentiels.

Et pendant que les thermomètres explosent, le pouvoir semble encore hésiter entre reconnaître l’ampleur du problème et financer réellement les solutions.

Faute à moitié avouée, certes.

Mais faute toujours répétée.

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