Primaire enterrée, PS en miettes : la gauche offre l’aubaine à Mélenchon

À un an de la présidentielle, le Parti socialiste s’autodétruit. Déjà fragile, la primaire de la gauche vole en éclats. La faute à une guerre intestine qui voit Boris Vallaud claquer la porte. Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon ricane.

 

C’est un coup de tonnerre dans un ciel déjà bien menaçant. Annoncée comme l’ultime chance d’une gauche unie, la primaire prévue à l’automne vient de prendre un coup fatal. L’artisan de ce naufrage ? Le PS lui-même. Ou plutôt ce qu’il en reste : un champ de ruines où les cadres s’entredéchirent.

Vendredi soir, Boris Vallaud, chef des députés socialistes, a claqué la porte de la direction. Motif : la « stratégie d’isolement et d’enlisement » d’Olivier Faure. Par la voix de son fidèle Alexandre Ouizille, il dénonce « une collégialité bâclée » et une « brutalisation » des instances. Traduction : le Premier secrétaire règne en solitaire, laissant son parti au bord de l’implosion.

Résultat : Olivier Faure ne dispose plus d’aucune majorité. Chaque décision sera un combat. À commencer par la primaire qu’il défendait bec et ongles. Pourtant, mardi soir à la Bellevilloise, il affichait encore sa foi dans ce processus, entouré de François Ruffin, Marine Tondelier et Clémentine Autain. Mais l’image est trompeuse. Derrière le sourire de façade, le PS est un navire qui prend l’eau.

Pourquoi cette primaire est déjà morte

Boris Vallaud ne croit plus en ce mode de désignation. Lui qui prône une union allant de Raphaël Glucksmann à François Ruffin juge la primaire biaisée, inefficace, et se souvient des « trahisons » de 2017. Son credo : un « consensus organisé ». En coulisses, il tisse sa toile avec Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel. Leur projet : « Construire 2027 ». Mais pour ses détracteurs, c’est une machine à hisser Glucksmann à la présidentielle, en douce.

Problème : l’aventure peine à décoller. À peine 18 000 signatures en ligne. Loin, très loin, des 240 000 de Jean-Luc Mélenchon ou des 121 000 de François Ruffin. La primaire ? Une illusion.

Un seul vainqueur : Jean-Luc Mélenchon

Pendant que la gauche se déchire sur un mode de scrutin qui n’aura même pas lieu, l’Insoumis, lui, avance. Déjà candidat, déjà lancé. Il arpente le pays, enchaîne les plateaux télé, moque les « divisions internes » et la « multitude » de prétendants. Sa punchline : « Chez nous c’est carré. Une équipe, un programme, un candidat. »

L’horloge tourne. La présidentielle est dans moins d’un an. Et la gauche, une fois de plus, semble avoir oublié la seule chose qui compte : gagner. Pendant ce temps, Mélenchon se frotte les mains.

Primaire enterrée, socialistes en morceaux. La gauche a trouvé son fossoyeur : elle-même. Mélenchon peut remercier le PS.

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