Évreux : dépôts sauvages, la guerre des vidéos est déclarée entre Guy Lefrand et Eugénie Petitjean
Une vidéo, un communiqué, puis une contre-attaque. À Évreux, les dépôts sauvages de l’ancienne aire d’accueil des gens du voyage ont déclenché un véritable bras de fer politique. Et derrière les sacs de déchets, c’est désormais une bataille de communication qui fait rage.
UNE VIDÉO QUI MET LE FEU AUX POUDRES
Au départ, il y a un problème très concret : des déchets qui s’accumulent à proximité de l’ancienne aire d’accueil des gens du voyage, à Guichainville, dont certains contenant de l’amiante.
Eugénie Petitjean monte au créneau. Elle dénonce une situation qui durerait depuis des mois et réclame notamment le retrait des déchets dangereux, davantage de sanctions et l’utilisation de la vidéoprotection pour identifier les auteurs des dépôts sauvages.
Mais la vidéo ne passe visiblement pas inaperçue.
Guy Lefrand, président d’Évreux Portes de Normandie, riposte avec un communiqué particulièrement offensif. Il accuse la conseillère communautaire d’opposition de diffuser « des informations totalement erronées » et de présenter une réalité déformée.
Autrement dit : la poubelle est devenue politique.
LEFRAND CONTRE-ATTAQUE : « IL FAUT ÉLEVER LE DÉBAT ! »
Le président de l’agglomération démonte point par point la version présentée dans la vidéo.
Selon lui, l’aire est fermée depuis août 2025, après plusieurs épisodes de dégradations : incendie, installations détériorées et sanitaires détruits.
Le site aurait ensuite fait l’objet de plusieurs occupations illicites. Des personnes auraient même découpé le grillage pour pénétrer sur les lieux.
Conséquence : le contrat avec la société chargée de la gestion de l’aire n’a pas été renouvelé.
Et concernant la vidéoprotection, Guy Lefrand explique qu’il n’était pas envisagé d’installer des caméras, estimant que celles-ci auraient probablement été rapidement dégradées.
AMIANTE : CETTE FOIS, PAS QUESTION DE POLÉMIQUER
Sur un point, en revanche, le sujet dépasse largement la bataille politique.
Des déchets contenant de l’amiante ont été découverts sur place. L’agglomération affirme qu’ils doivent être retirés par une société spécialisée, conformément à la réglementation.
Concernant les dépôts sauvages, des adresses auraient également été retrouvées parmi les déchets.
Et là, le ton est clair : l’agglomération annonce des poursuites pénales contre leurs auteurs.
De quoi rappeler que derrière la polémique politique, il y a surtout une question de sécurité, de salubrité et de responsabilité.
« IL AURA DONC FALLU UNE VIDÉO… »
Mais Eugénie Petitjean ne désarme pas.
Après le communiqué de Guy Lefrand, elle revient à la charge : les dépôts commencent à être retirés, des barrières ont été installées et un panneau annonce désormais des amendes et de la vidéoverbalisation.
Et c’est précisément là que l’élue d’opposition appuie là où ça fait mal.
Quelques jours auparavant, elle proposait justement la vidéoverbalisation.
Aujourd’hui, une caméra est annoncée.
« Mais il faudrait savoir, Monsieur Lefrand ! », lance-t-elle.
Elle se réjouit évidemment que la situation évolue, mais refuse de laisser passer ce qu’elle considère comme une contradiction.
LE VRAI CLASH : QUI AURA EU L’IDÉE EN PREMIER ?
Au fond, le dossier des dépôts sauvages pourrait presque passer au second plan.
Car la véritable question devient politique :
Pourquoi une proposition venue de l’opposition serait-elle systématiquement suspecte… jusqu’au jour où elle devient une mesure de la majorité ?
Eugénie Petitjean affirme avoir déjà alerté directement des élus sur d’autres situations nécessitant, selon elle, une intervention.
Elle dit n’avoir obtenu « jamais de réponse, jamais de suite ».
Guy Lefrand, de son côté, estime que l’opposition peut évidemment contester les décisions de la majorité, mais dans le cadre d’un débat qu’il souhaite « serein ».
Et il lâche sa phrase de conclusion :
« Mme Petitjean, il faut élever le débat ! »
Réponse de l’intéressée ?
« Ce mandat risque d’être long… Mais rassurez-vous, ce n’est que le début ! »
LES POUBELLES SONT RETIRÉES. LA GUERRE POLITIQUE, ELLE, NE FAIT QUE COMMENCER.
Une chose est certaine : les déchets finiront peut-être par disparaître du paysage. Mais la polémique, elle, est désormais bien installée.
D’un côté, une majorité qui accuse l’opposition de déformer la réalité et d’instrumentaliser un dossier sensible.
De l’autre, une opposition qui répond qu’elle continuera à mettre les problèmes sur la table, même lorsque ses propositions dérangent.
Et au milieu : les habitants, qui attendent surtout une chose.
Que les dépôts sauvages disparaissent, que l’amiante soit traité dans les règles et que les auteurs soient sanctionnés.
Parce qu’au final, peu importe qui a eu l’idée le premier.
Si une bonne proposition permet de régler un problème, pourquoi faudrait-il attendre qu’elle devienne politiquement confortable pour l’appliquer ?
À Évreux, le prochain épisode promet déjà d’être animé.
La guerre des déchets n’est peut-être que le début de la bataille politique.
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