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À Lourdes, Léon XIV met les futurs dirigeants français face à leurs responsabilités

    À peine arrivé à Lourdes, le pape Léon XIV n’a pas seulement prié. Il a adressé, depuis la grotte de Massabielle, un message qui résonne fortement à sept mois de la présidentielle : la France a besoin de dirigeants capables de servir, de rassembler et de préserver la paix. Une prière qui ressemble aussi à un sérieux rappel à l’ordre adressé au monde politique.

Samedi 26 septembre au soir, après Paris et Saint-Denis, Léon XIV est arrivé à Lourdes. Direction immédiate : la grotte de Massabielle, là où Bernadette Soubirous dit avoir vu la Vierge Marie en 1858. Dans ce lieu hautement symbolique, le souverain pontife a confié la France à Notre-Dame de Lourdes. (Vatican)

Mais derrière le recueillement, les mots choisis par le pape ont une portée qui dépasse largement les murs du sanctuaire.

« Des dirigeants sages et généreux »

Léon XIV a demandé pour la France « le don de la concorde fraternelle », appelant à une société bannissant « toute violence et toute haine ». Mais c’est surtout son appel concernant les dirigeants qui interpelle.

Il a demandé à la Vierge de donner à la France « des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun ». (Vatican)

À sept mois de l’élection présidentielle, difficile de ne pas entendre la dimension politique du message.

Sans citer le moindre candidat, Léon XIV pose en réalité une série de critères : servir plutôt que se servir, rassembler plutôt que fracturer, protéger les plus fragiles et affronter les crises sans céder aux logiques de haine.

Le pape demande également que la France fasse entendre sa voix en faveur des droits humains et de la paix, en rejetant « à jamais les logiques de guerre ». (Vatican)

La présidentielle déjà dans toutes les têtes ?

Le pape ne donne évidemment aucune consigne de vote. Mais son intervention intervient dans un contexte politique français particulièrement sensible, à quelques mois d’une présidentielle qui s’annonce déjà comme un moment majeur du débat national.

Et Léon XIV avait déjà donné le ton vendredi à l’Élysée.

Devant Emmanuel Macron, les autorités françaises et le corps diplomatique, il avait défendu une conception de la laïcité dans laquelle la religion ne serait pas exclue de l’espace public, tout en appelant au dialogue entre l’État et les institutions religieuses. Il avait également insisté sur la nécessité de protéger « la diversité des consciences » et de prévenir les « dérives autoritaires ». (Vatican)

Un discours qui intervient alors que la laïcité, le voile, l’immigration, les questions bioéthiques et la place des religions sont devenus des thèmes centraux du débat politique français.

Un pape qui refuse de rester dans le décor

Et c’est peut-être là que le déplacement de Léon XIV prend une autre dimension.

Le pape ne se contente pas d’enchaîner les cérémonies protocolaires. À Paris comme à Lourdes, il intervient sur des sujets qui touchent directement aux grandes fractures de la société française : la paix, la dignité humaine, la laïcité, l’intelligence artificielle, la fin de vie, la pauvreté et le rôle des responsables publics.

À l’Élysée, il avait notamment appelé à ne pas perdre « notre humanité » face au développement de l’intelligence artificielle et réaffirmé l’importance du respect de la vie et de la dignité humaine. (Vatican)

À Lourdes, le message est encore plus direct.

Le prochain président ou la prochaine présidente héritera d’une France traversée par les tensions. Léon XIV ne dit pas qui doit gouverner. Il rappelle simplement ce qu’il attend de ceux qui gouverneront : du courage, de la sagesse, de la générosité et le sens du bien commun.

Reste maintenant à savoir ce que les responsables politiques français feront de cette prière.

Car à Lourdes, dans le silence de la grotte, le pape a peut-être posé une question que la campagne présidentielle ne pourra pas éternellement éviter :

la politique française est-elle encore capable de servir autre chose que ses propres batailles ?

 

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