Évreux : Guy Lefrand dans la tourmente, Schneider Electric au cœur d’un énorme bras de fer
Une semaine électrique à Évreux ! Entre le permis suspendu de Guy Lefrand et le spectaculaire projet de Schneider Electric, la capitale de l’Eure a été au centre de toutes les attentions. Et derrière les annonces triomphales, les chiffres et les sourires officiels, certaines questions commencent sérieusement à déranger.
Guy Lefrand : le maire rattrapé par les 50 km/h
Cette semaine, Guy Lefrand a appris à ses dépens que les limitations de vitesse ne s’arrêtent pas aux portes de l’Hôtel de Ville.
Le 11 septembre, le maire d’Évreux a été contrôlé à 93 km/h, pour une vitesse limitée à 50 km/h, alors qu’il circulait à moto dans l’agglomération. Son permis a été suspendu administrativement pour quatre mois. Le procureur d’Évreux et la préfecture ont confirmé les faits.
Et le calendrier donne forcément à cette affaire une résonance particulière.
La veille, le préfet de l’Eure lançait un appel particulièrement ferme à la prudence après cinq morts sur les routes du département en seulement six jours. Son message était sans ambiguïté : respecter les limitations de vitesse.
Alors forcément, à Évreux, le contraste interpelle.
Quand le préfet demande de lever le pied, le maire, lui, a été flashé à 93 km/h en ville.
La sanction administrative est désormais tombée. Guy Lefrand devra se passer de permis pendant quatre mois.
Et voilà le maire contraint de troquer sa Harley-Davidson pour… le vélo.
Une image presque symbolique : le maire d’Évreux à bicyclette après avoir été sanctionné pour un grand excès de vitesse.
Mais derrière le sourire potentiel de la situation, il y a surtout une réalité : 93 km/h au lieu de 50, ce n’est pas un petit dépassement.
Schneider Electric : 150 millions d’euros… mais pas uniquement des applaudissements
Autre énorme dossier de la semaine : Schneider Electric veut concentrer ses activités industrielles à Évreux.
Sur le papier, les chiffres donnent le vertige : plus de 150 millions d’euros d’investissement, un bâtiment industriel d’environ 40 000 m² et, à terme, plus d’un millier d’emplois annoncés sur le futur site du Long Buisson 3. (Evreux Portes de Normandie)
Guy Lefrand, maire d’Évreux et président d’Évreux Portes de Normandie, parle d’« avancée majeure », de « marque de confiance » et d’« opportunité majeure » pour le territoire. (Evreux Portes de Normandie)
Mais voilà le hic : cette grande victoire industrielle pour Évreux a aussi des perdants territoriaux.
Schneider prévoit de regrouper à Évreux les activités actuellement réparties entre Beaumont-le-Roger, Le Vaudreuil et Pacy-sur-Eure.
Ces trois sites représentent 747 salariés : 287 à Beaumont-le-Roger, 294 au Vaudreuil et 166 à Pacy-sur-Eure. (leparisien.fr)
Pour les communes concernées, le choc est brutal.
Des élus parlent de « véritable choc », de perte d’activité économique et de ressources fiscales. Ils demandent des contreparties alors que des sites industriels historiques vont fermer ou perdre leurs activités au profit d’Évreux. (leparisien.fr)
Évreux gagne… mais l’Eure doit regarder la facture
C’est toute l’ambiguïté du dossier.
Évreux attire un investissement colossal, mais cette concentration industrielle se fait au détriment de trois autres communes euroises.
Schneider ne débarque pas avec 747 emplois entièrement nouveaux : une grande partie correspond au transfert d’activités et de salariés existants. Le futur site pourrait néanmoins générer une centaine de recrutements à l’issue des transferts, puis au moins une centaine d’autres postes dans les années suivantes. (Evreux Portes de Normandie)
Autrement dit : le chiffre de 1 000 emplois fait rêver, mais il faut regarder ce qu’il y a derrière le chiffre.
Et surtout, il faudra suivre les conséquences concrètes pour Beaumont-le-Roger, Pacy-sur-Eure et Le Vaudreuil.
Deux dossiers, une même question : qui paiera l’addition ?
Cette semaine, Évreux a donc présenté deux visages.
Celui d’une ville qui veut accélérer, attirer des investissements et devenir un poids lourd industriel.
Et celui d’une ville où son maire vient d’être sanctionné pour un grand excès de vitesse particulièrement remarqué.
D’un côté, 150 millions d’euros et 40 000 m² de futur industriel.
De l’autre, 93 km/h dans une zone limitée à 50.
Deux chiffres qui ont marqué la semaine ébroïcienne.
Et pendant que la communication institutionnelle célèbre la future vitrine industrielle de Schneider Electric, une autre question mérite d’être posée : quel sera le véritable bilan pour l’ensemble de l’Eure ?
Car derrière les millions annoncés, il y a des salariés, des familles, des commerces et des communes qui vont devoir absorber une réorganisation industrielle majeure.
Évreux sous les projecteurs
Guy Lefrand est désormais privé de permis pour quatre mois. Schneider Electric prépare, lui, un investissement industriel de plus de 150 millions d’euros.
Une semaine décidément électrique pour le maire d’Évreux.
À quelques semaines des prochains rendez-vous municipaux, ces deux dossiers vont forcément continuer à alimenter les conversations dans les rues d’Évreux… et bien au-delà.
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