Evreux

Glass Express : quand les leçons de responsabilité font monter la tension à évreux

 

    Une liquidation judiciaire, des emplois en jeu… et désormais un bras de fer politique. À Évreux, le dossier Glass Express prend une tournure particulièrement électrique.

Le tribunal de commerce d’Évreux a prononcé, le 10 septembre 2026, la liquidation judiciaire de Glass Express France, après son placement en redressement judiciaire au printemps. L’activité est toutefois autorisée à se poursuivre jusqu’au 2 novembre, afin de permettre la recherche d’une solution de reprise.

Mais au-delà de la procédure judiciaire, c’est désormais le ton employé par les protagonistes qui fait parler.

Guy Lefrand : « il faut anticiper »

Dans une prise de parole consacrée à la situation de Glass Express, Guy Lefrand, maire d’Évreux, se veut grave et insiste sur la responsabilité des dirigeants.

Son message est clair : il faut « anticiper », « sécuriser les finances » et « mesurer les conséquences de chaque décision ».

Le maire appelle surtout à préserver les emplois et assure vouloir rester attentif au devenir des salariés.

Sur le papier, difficile de contester l’objectif : éviter au maximum la casse sociale et permettre une reprise.

Mais une phrase de Guy Lefrand fait immédiatement réagir :

« Diriger une entreprise, comme gérer une collectivité, impose la même exigence de responsabilité. »

Une formule qui, dans le contexte ébroïcien, ne pouvait manifestement pas rester sans réponse.

Samuel Brigantino répond : « Glass Express est toujours debout »

Quelques heures plus tard, Samuel Brigantino, dirigeant de Glass Express, hausse nettement le ton.

Son message ne laisse guère de place à l’ambiguïté : l’entreprise est en difficulté, mais le combat continue.

Il rappelle les treize années de développement de Glass Express à Évreux, les emplois créés, les entreprises locales sollicitées et le soutien apporté à des associations.

Selon sa communication, les plateformes de distribution du groupe restent ouvertes et près de 180 collaborateurs poursuivent actuellement leur activité.

Le dirigeant affirme surtout travailler à une solution de reprise.

Et c’est là que le clash devient frontal.

« Les leçons de responsabilité sont toujours plus faciles à donner… »

Samuel Brigantino estime que la situation ne doit pas devenir un « instrument de récupération politique ».

Puis il lâche une phrase qui ressemble clairement à une flèche adressée au maire :

« Les leçons de responsabilité sont toujours plus faciles à donner qu’à appliquer, y compris lorsqu’il s’agit de sa propre conduite. »

Avec l’emoji moto en guise de signature, le message est difficile à manquer.

Le sous-entendu est assumé.

Sans entrer dans l’interprétation personnelle de cette pique, une chose est certaine : le dossier économique vient désormais se mêler au climat politique ébroïcien.

Et le contexte n’est pas neutre : Samuel Brigantino est également engagé dans la vie politique locale et s’était présenté comme adversaire de Guy Lefrand lors de la campagne municipale. (Le Monde.fr)

Deux discours, une même urgence

D’un côté, le maire insiste sur la responsabilité, l’anticipation et la protection des salariés.

De l’autre, le dirigeant de Glass Express défend son bilan, conteste toute récupération politique et affirme vouloir sauver ce qui peut encore l’être.

Et derrière ce duel de communication, il y a une réalité beaucoup moins théorique : des emplois, des familles et un tissu économique local qui attendent des solutions.

La justice commerciale a donné jusqu’au 2 novembre pour permettre la poursuite provisoire de l’activité et la recherche d’une reprise. (Pappers)

Le temps des grandes phrases est-il terminé ?

C’est probablement là que se trouve désormais le véritable enjeu.

Car les salariés n’ont que faire des petites phrases.

Ils veulent savoir combien d’emplois pourront être sauvés.

Ils veulent savoir si Glass Express peut repartir.

Ils veulent savoir qui sera capable de mettre une solution sur la table.

Et surtout, ils veulent des actes.

Le dossier est d’autant plus sensible que la situation financière de Glass Express avait déjà conduit à l’ouverture d’un redressement judiciaire en avril 2026. La presse économique avait alors rapporté que Samuel Brigantino mettait notamment en cause les pratiques commerciales et les retards de paiement des compagnies d’assurances. (Le journal des Entreprises)

Alors, à Évreux, le compte à rebours est lancé.

Jusqu’au 2 novembre, il faudra moins de déclarations et davantage de solutions.

Glass Express n’est peut-être pas encore à terre. Mais une chose est certaine : entre Guy Lefrand et Samuel Brigantino, la bataille des mots, elle, est bel et bien lancée.

 

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