L’Eure sous le choc après la condamnation d’un anesthésiste pour viols sur patientes
ÉVREUX (Eure) — Le verdict est tombé vendredi soir après trois jours d’audience à huis clos : un ancien anesthésiste normand de 63 ans a été condamné par la cour criminelle de l’Eure à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis, pour des faits de viols et d’agressions sexuelles commis sur trois patientes en pleine période post-confinement, en juin 2020.
Déjà radié de l’Ordre des médecins depuis septembre 2025, l’ex-praticien exerçait alors au sein de l’hôpital privé Pasteur d’Évreux. Durant le procès, les magistrats ont retenu l’ensemble des accusations portées contre lui : des actes de pénétration sexuelle et des attouchements réalisés « par violence, menace, contrainte ou surprise », alors qu’il profitait de l’autorité liée à sa fonction médicale.
Des patientes venues pour être soignées
Les trois victimes ont raconté une même scène glaçante devant les enquêteurs. Le 18 juin 2020, chacune se présente à l’hôpital pour une consultation ou un examen médical classique. Mais selon leurs déclarations, les rendez-vous auraient rapidement basculé dans l’incompréhensible.
Sous couvert d’examens médicaux prétendument nécessaires, le praticien aurait procédé à des palpations intimes et à des pénétrations digitales sans justification thérapeutique claire. À certaines patientes, il aurait évoqué « une recherche d’hémorroïdes » ou encore « un taux de protéines trop élevé » pour légitimer ses gestes.
Les victimes décrivent un profond état de sidération.
« On fait confiance à un médecin. On ne pense pas une seconde qu’il puisse profiter de notre vulnérabilité », aurait confié l’une des plaignantes à l’issue de l’audience.
Un procès sous haute tension
Le procès s’est tenu intégralement à huis clos afin de préserver l’intimité des victimes. Selon plusieurs sources proches du dossier, les débats ont été particulièrement éprouvants, tant pour les plaignantes que pour les familles présentes.
Face à la cour, l’accusé a tenté de justifier ses actes en évoquant « le contexte exceptionnel » de la pandémie de Covid-19 et « une première journée de reprise post-confinement ». Une ligne de défense qui n’a manifestement pas convaincu les magistrats.
Le parquet avait requis huit années de prison ferme, estimant que les faits révélaient « une instrumentalisation de la relation de confiance entre un médecin et ses patientes ».
Interdiction définitive d’exercer
Outre la peine de prison, la cour criminelle a prononcé une interdiction définitive d’exercer toute profession médicale. Le sexagénaire devra également suivre des soins obligatoires.
La partie ferme de sa peine pourra être effectuée à domicile sous bracelet électronique.
Dans la région, l’affaire provoque colère et incompréhension. Plusieurs associations de défense des victimes dénoncent une peine jugée « trop clémente » au regard de la gravité des faits.
Déjà suspendu sur l’ensemble du territoire national par l’Agence régionale de santé Normandie en juin 2025, le praticien faisait l’objet d’une surveillance judiciaire depuis 2022 avec interdiction d’exercer seul.
« Une trahison du serment médical »
Pour de nombreux professionnels de santé, cette affaire laisse une trace profonde.
« Lorsqu’un médecin abuse de son autorité, c’est toute la confiance envers le système médical qui vacille », regrette un praticien du département sous couvert d’anonymat.
À Évreux, plusieurs habitants interrogés ce week-end disent ressentir « de la stupeur » et « un sentiment de trahison ». Certains patients de l’établissement privé affirment désormais hésiter avant de consulter seuls.
L’affaire relance également le débat sur les contrôles au sein des établissements médicaux et sur la difficulté, pour les victimes, de dénoncer rapidement des gestes commis dans un contexte médical où la frontière entre soin et agression peut être brouillée par l’autorité du praticien.
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