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Sapeurs-Pompiers : le clash de Beauvau, la colère monte encore

    Reçue ce jeudi 13 août par Laurent Nuñez, l’intersyndicale des sapeurs-pompiers est ressortie de Beauvau sans réponse concrète. En pleine saison des incendies, les soldats du feu dénoncent un système « arrivé à saturation » et annoncent déjà une mobilisation massive à la rentrée.

Ils voulaient des actes. Ils repartent avec des promesses.

Ce jeudi midi, les neuf syndicats de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels ont été reçus place Beauvau par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Une rencontre sous haute tension, alors que les pompiers étaient en grève et réclament depuis des mois davantage d’effectifs et de moyens.

À la sortie, le constat syndical est sans appel : la colère reste intacte.

Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale, a dénoncé des « moyens qui ne suivent pas » et réclamé des « recrutements massifs ». Pour les syndicats, les pompiers ne peuvent plus continuer à compenser les failles d’un système qui atteint ses limites.

« Les soldats du feu ne peuvent pas compenser indéfiniment les insuffisances d’un système arrivé à saturation. »

Et la phrase qui fait mouche : pour Xavier Boy, le ministre de l’Intérieur « n’est pas au rendez-vous ».

 

ACTE 1 TERMINÉ. PLACE À LA RÉVOLTE ?

La déception est telle que l’intersyndicale a déjà annoncé la suite. Fin septembre, les pompiers promettent une « mobilisation intensive ».

Les 26, 27 et 28 septembre, une manifestation statique est annoncée place de la République, à Paris. Son nom est déjà trouvé : « Les colonnes de la révolte ».

Et le message est clair : si les paroles ne se transforment pas rapidement en décisions, la contestation pourrait changer de dimension.

Alain Laratta, secrétaire général d’Avenir Secours, avait donné le ton avant la réunion :

« C’est l’acte 1. (…) Il faudra quand même qu’on soit entendus et que les actes suivent, sinon on sera obligés de passer à un acte 2. »

120 000 HECTARES BRÛLÉS : POUR EUX, CE N’EST PLUS UNE ALERTE, C’EST UN SIGNAL D’ALARME

Alors que les incendies ont déjà ravagé environ 120 000 hectares en France depuis le début de l’été, selon les estimations provisoires des autorités, les syndicats refusent de considérer ces épisodes comme de simples accidents exceptionnels.

Pour Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC, les incendies de cet été sont au contraire un avant-goût de ce qui pourrait devenir la norme.

« On va droit dans le mur », estime-t-il.

Les syndicats demandent notamment que l’État augmente sa participation au financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), aujourd’hui largement porté par les collectivités, et réclament un vaste plan de recrutement de sapeurs-pompiers professionnels.

NUÑEZ PROMET… MAIS LES POMPIERS ATTENDENT DES ACTES

De son côté, Laurent Nuñez assure que les discussions ont été franches et affirme avoir entendu les inquiétudes des neuf organisations syndicales.

Le ministre annonce surtout la présentation, le 8 septembre, d’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Il promet également une augmentation des ressources des SDIS dans le projet de loi de finances 2027.

Sur le papier, les annonces sont là.


Mais chez les pompiers, la patience semble avoir atteint ses limites.

Des hommes et des femmes épuisés. Des incendies toujours plus violents. Des effectifs jugés insuffisants. Et désormais une mobilisation qui se prépare.

Beauvau voulait apaiser la colère.

Il pourrait bien n’avoir fait que repousser l’explosion.

 

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