Évreux : pendant que les politiques se déchirent, les Ébroïciens avancent
Il y a les petites phrases, les recours, les communiqués, les accusations et les réponses. Et puis il y a Évreux. La vraie. Celle de ses habitants, de ses étudiants, de ses commerçants, de ses sportifs, de ses associations et de tous ceux qui, chaque jour, font vivre la ville.
Du dimanche 20 au samedi 26 septembre 2026, Évreux aura une nouvelle fois montré ses contradictions : une ville qui bouge, qui crée, qui se cultive et qui gagne… pendant que sa vie politique reste absorbée par les municipales de mars.
Alors prenons un peu de hauteur.
Parce qu’à force de regarder les querelles de l’Hôtel de Ville, on finirait presque par oublier ceux pour qui une ville doit d’abord fonctionner : les Ébroïciens.
MUNICIPALES : LA POLITIQUE LOCALE SOUS PRESSION
Mardi 22 septembre, nouveau coup de tonnerre.
La rapporteure publique du tribunal administratif de Rouen a proposé l’annulation des deux tours des élections municipales de mars 2026, après le recours déposé par Samuel Brigantino.
Au cœur du dossier : notamment l’épisode des 100 bulletins sortis momentanément d’un bureau de vote lors du second tour.
Selon les conclusions rapportées par Le Parisien, la rapporteure publique estime que cette situation pourrait avoir altéré la sincérité du scrutin. Le tribunal doit rendre sa décision le 8 octobre.
Guy Lefrand, élu avec 34,58 % des suffrages au second tour, conteste cette lecture et dénonce une « cabale politique ».
Mais une précision essentielle demeure :
les conclusions de la rapporteure publique ne sont pas encore le jugement.
Le tribunal doit maintenant trancher.
Et c’est précisément là qu’il faut prendre de la hauteur.
Car derrière le feuilleton politique, une question devrait être posée :
combien de temps encore l’énergie publique va-t-elle être absorbée par la bataille électorale ?
Les protagonistes ont évidemment le droit de défendre leurs positions.
La justice doit évidemment faire son travail.
Mais pendant ce temps, les Ébroïciens attendent du concret.
Des services publics.
Des commerces.
Des écoles.
Des transports.
De la sécurité.
Des quartiers qui avancent.
Un centre-ville vivant.
Et surtout, une vision pour Évreux.
SANTÉ : ÉVREUX PRÉPARE SA RELÈVE
Autre événement important de cette semaine : le nouveau parcours d’accès aux études de santé sur le campus de Navarre.
50 étudiants ont fait leur rentrée dans ce nouveau parcours, après près de 1 400 candidatures sur Parcoursup.
Près de la moitié de cette première promotion vient des lycées du territoire ébroïcien.
Un investissement d’environ 200 000 euros accompagne également le lancement de cette nouvelle formation.
Derrière ces chiffres, il y a surtout une ambition : permettre aux jeunes du territoire de pouvoir étudier ici.
Et peut-être demain exercer ici.
Voilà un sujet qui touche directement l’avenir du territoire.
Pendant que certains débattent encore du scrutin de mars, une nouvelle génération commence déjà à écrire la suite.
L’ALM ÉVREUX, ELLE, NE S’EST PAS POSÉE DE QUESTION
Vendredi 25 septembre, direction Poitiers.
Pas de recours.
Pas de communiqué.
Pas de polémique.
Juste un parquet, un ballon et un objectif : gagner.
Et l’ALM Évreux Basket a parfaitement lancé sa saison d’Élite 2.
Victoire à l’extérieur :
POITIERS 80 – 86 ALM ÉVREUX
Une entrée en matière solide pour les Ébroïciens, avec notamment 20 points pour Jagan Mosely, 20 points pour Rigo Edzata et 9 passes décisives pour Jacobi Wood.
Une victoire qui donne surtout le ton :
quand il faut avancer, l’ALM ne regarde pas dans le rétroviseur.
Et le parallèle avec la politique locale est presque trop évident :
sur le parquet, il faut marquer des points.
Dans les urnes, il faut gagner des voix.
Mais dans les deux cas, c’est le résultat qui finit par parler.
ET PENDANT CE TEMPS, ÉVREUX CONTINUE DE VIVRE
Parce qu’Évreux ne se résume heureusement pas à son conseil municipal.
Cette semaine encore, le Manège de Tilly a lancé sa nouvelle revue autour de l’histoire de la caserne.
Le Kubb a accueilli plusieurs artistes.
Le Cadran a reçu Philippe Caverivière samedi soir.
La culture continue donc de remplir les salles pendant que la politique remplit… les colonnes de journaux.
Et finalement, ce contraste en dit long.
Les habitants, eux, continuent leur vie.
LE VRAI CLASH : PARLONS DES ÉBROÏCIENS
Voilà peut-être le véritable sujet de cette semaine.
La politique locale fait beaucoup de bruit.
Mais une ville ne se mesure pas au volume sonore de ses querelles.
Elle se mesure à ce que vivent réellement ses habitants.
À leur pouvoir d’achat.
À leurs déplacements.
À leurs commerces.
À leurs écoles.
À leurs quartiers.
À leur sécurité.
À leurs perspectives pour leurs enfants.
À leur capacité à trouver un emploi ou une formation.
À la qualité de leur cadre de vie.
Et c’est là que la politique devrait reprendre toute sa hauteur.
Le contentieux électoral doit suivre son chemin judiciaire.
Le tribunal rendra sa décision le 8 octobre.
Mais quelle que soit cette décision, les problèmes du quotidien, eux, ne disparaîtront pas.
ÉVREUX DOIT REGARDER DEVANT
Cette semaine aura donc livré une image assez particulière de la ville.
La justice regarde les élections de mars.
Les étudiants regardent leur avenir.
Les sportifs regardent le prochain match.
Les artistes regardent leur prochaine scène.
Et les Ébroïciens ?
Ils regardent leur quotidien.
C’est peut-être cela qu’il faut rappeler à tous ceux qui font de la politique locale :
Évreux n’est pas un champ de bataille électoral permanent.
C’est une ville de près de 50 000 habitants.
Avec des familles.
Des jeunes.
Des retraités.
Des salariés.
Des entrepreneurs.
Des associations.
Des commerçants.
Des quartiers qui attendent des réponses.
Une élection passe. Une ville reste.
Et c’est précisément pour cela que le débat politique devrait dépasser les querelles de personnes et les batailles de procédure.
Le 8 octobre, le tribunal parlera du scrutin.
Mais dès le 9 octobre, les Ébroïciens auront toujours les mêmes préoccupations.
Alors, peut-être est-il temps de regarder plus loin que les municipales de mars.
De prendre de la hauteur.
De sortir du bruit.
Et de parler enfin de ce qui compte vraiment : l’avenir d’Évreux et de ceux qui y vivent.
Vous aimerez aussi
DJ SAM revient dans sa ville natale pour le Rock In Evreux !
juin 8, 2024
Les révélations sur Stanislas et Oudéa-Castéra montrent que Parcoursup renforce les inégalités
janvier 23, 2024