Aux Franciscaines de Deauville, Monet renaît dans un jardin d’inspirations

 

Les jardins de Claude Monet refleurissent cet été aux Franciscaines. Depuis ce samedi 11 juillet 2026, le centre culturel deauvillais accueille l’exposition « Claude Monet, des jardins en héritage », un parcours exceptionnel imaginé à l’occasion du centenaire de la disparition du maître de l’impressionnisme. Jusqu’au 1er novembre, quatre œuvres majeures de Monet dialoguent avec des créations d’artistes contemporains et modernes, offrant une lecture renouvelée de son héritage artistique.

Fruit d’un partenariat inédit entre Les Franciscaines de Deauville, le musée d’Orsay et le musée de l’Institut du monde arabe, cette exposition est portée par trois commissaires : Annie Madet-Vache, Nathalie Bondil et Stéphane Guégan. Ensemble, ils proposent bien plus qu’une rétrospective : une immersion dans l’univers végétal de Monet, où le jardin devient un langage universel.

Une immersion dans un écrin de verdure

Dès les premiers pas, le visiteur est happé par une scénographie enveloppante.

« Lorsqu’on arrive dans la première salle, on a l’impression d’être dans un aquarium de verdure », explique Nathalie Bondil.

Les salles ont été pensées comme un hommage à l’atmosphère contemplative imaginée par Monet lui-même pour les Nymphéas de l’Orangerie. Les célèbres toiles dialoguent avec les œuvres d’Abdallah Benanteur, dont les formes végétales et la poésie chromatique prolongent la vision du peintre normand.

Le face-à-face entre les Nymphéas et un tondo de Benanteur ouvre un parcours où les générations d’artistes semblent converser à travers la lumière, la couleur et le mouvement.

Quand Monet ouvre la voie à l’abstraction

Plus loin, « Nymphéas et agapanthes » fait écho à deux œuvres majeures : Composition de Jean Paul Riopelle et Les Élus, triptyque signé Abdallah Benanteur.

Le rapprochement révèle combien les dernières œuvres de Monet annoncent déjà l’art abstrait.

« Dans l’angle inférieur droit, il n’y a quasiment plus de figuration », souligne Annie Madet-Vache. « On pourrait croire que Monet souhaitait reprendre son tableau, mais il est bel et bien achevé puisqu’il est signé. »

Une liberté picturale qui influencera durablement plusieurs générations d’artistes.

Le Japon, Giverny… et le dialogue des cultures

Parmi les moments forts de l’exposition figure la rencontre entre Les Glycines, Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte et une œuvre spectaculaire du peintre japonais Reiji Hiramatsu, Fin d’automne – L’Étang de Monet (2011).

Inspiré par les paysages de Giverny, l’artiste japonais rend hommage à celui qui, un siècle plus tôt, s’était lui-même passionné pour les estampes du Japon.

« La boucle est bouclée », sourit Nathalie Bondil.

L’exposition évoluera d’ailleurs au fil des mois : en septembre, Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte, prêt exceptionnel du musée d’Orsay, laissera place à Harmonie rose, offrant ainsi une seconde lecture du parcours aux visiteurs.

Une exposition qui se poursuit à l’étage

Le voyage se prolonge dans des espaces baignés de lumière où deux triptyques inédits d’Abdallah Benanteur sont dévoilés pour la première fois.

Le dialogue avec Monet s’élargit encore grâce aux œuvres de Jean Paul Riopelle ainsi qu’aux regards photographiques de Bernard Plossu, Jean Gaumy et du Finlandais Jorma Puranen, qui capturent chacun à leur manière la poésie des jardins de Giverny.

Peinture, photographie et abstraction composent ainsi un parcours sensible où la nature devient mémoire, émotion et création.

Un hommage vivant à l’héritage de Monet

À l’occasion du centenaire de la disparition de Claude Monet, le 5 décembre 1926 à Giverny, « Claude Monet, des jardins en héritage » ne célèbre pas seulement un immense peintre. L’exposition raconte comment son regard continue d’inspirer des artistes venus de tous les horizons, faisant de ses jardins un patrimoine vivant et universel.

Informations pratiques

Exposition : Claude Monet, des jardins en héritage
Lieu : Les Franciscaines, Deauville (Calvados)
Dates : du 11 juillet au 1er novembre 2026
Tarifs : 16 € ; abonnés : 13 € ; moins de 26 ans et tarif solidaire : 9 € ; gratuit pour les moins de 16 ans.

 

 

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