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Présidentielle 2027 : au Medef, les prétendants à l’Élysée sortent les crocs et règlent déjà leurs comptes

    C’est officiellement parti. À moins d’un an de la présidentielle de 2027, les grandes manœuvres sont lancées. Et pour leur première confrontation XXL, sept prétendants à l’Élysée ont choisi un décor qui n’a rien d’anodin : l’université d’été du Medef, à Roland-Garros.

Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier sont venus vendre leurs recettes aux patrons. Résultat : pendant plus de deux heures, les candidats ont surtout exposé leurs fractures. Dette, retraites, fiscalité, travail, industrie, énergie, logement, Europe… chacun avait son remède miracle.

Et, surtout, chacun avait une cible.

dette : le premier coup de tonnerre

À peine les débats lancés que le ton monte.

Jean-Luc Mélenchon assume sa confiance dans « l’État ». Bruno Retailleau lui répond avec un État « vorace ». Ambiance.

Gabriel Attal, lui, ne perd pas une seconde et attaque frontalement le leader insoumis à propos des propos de Manon Aubry sur les milliardaires : « À votre place, j’aurais présenté des excuses. »

Le message est clair : ici, on n’est pas venu boire un café entre candidats. La présidentielle est déjà dans toutes les têtes.

Sur la dette, le fossé devient carrément un gouffre. Mélenchon défend l’idée d’une annulation de la dette française détenue par la BCE et assure que « les Américains font ça ».

Édouard Philippe sort alors la sulfateuse : « Ce que vous venez de dire, c’est extrêmement dangereux », prévient-il, redoutant que la France finisse « interdit bancaire ».

À droite, on promet de couper dans les dépenses. À gauche, on veut davantage taxer les plus riches et relancer la production. Marine Le Pen cible notamment l’Union européenne et l’immigration comme sources d’économies. Gabriel Attal veut s’attaquer aux dépenses sociales. Bruno Retailleau réclame davantage de travail.

Bref : sept candidats, sept ordonnances… et aucune potion magique en rayon.

retraites : chacun campe sur ses positions

Sur les retraites, impossible de trouver le moindre terrain d’entente.

Marine Le Pen défend notamment un départ à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans. Gabriel Attal et Édouard Philippe veulent, eux, encourager les Français à travailler plus longtemps.

Bruno Retailleau va encore plus loin : il veut indexer l’âge de départ sur l’espérance de vie.

À gauche, c’est le rejet frontal des réformes menées sous Emmanuel Macron. Marine Tondelier les juge injustes, Raphaël Glucksmann les critique sévèrement et Mélenchon reste fidèle à sa ligne de rupture.

Le décor est planté : la retraite sera l’un des champs de bataille majeurs de 2027.

industrie : tous veulent réindustrialiser, mais pas avec la même recette

Autre grand classique de la campagne : « Il faut réindustrialiser la France. »

Tout le monde est d’accord. Enfin presque.

Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Marine Le Pen veulent réduire les normes et les coûts. La candidate du RN promet notamment de s’attaquer aux impôts de production.

Édouard Philippe réclame davantage de stabilité normative.

À gauche, Jean-Luc Mélenchon mise sur la planification et cite l’industrie textile, la filière bois ou encore « l’avion spatial ». Marine Tondelier défend une transformation écologique de l’industrie.

Une chose est certaine : personne ne veut apparaître comme le candidat de la désindustrialisation. La différence se fera donc sur la facture.

fiscalité : la guerre des milliards est déclarée

C’est probablement là que les masques tombent le plus vite.

Édouard Philippe promet 50 milliards d’euros d’impôts de production en moins, financés par autant de suppressions d’aides aux entreprises.

Marine Le Pen et Bruno Retailleau veulent supprimer certaines taxes pesant sur les entreprises. Le patron des Républicains promet même 40 milliards d’euros de cotisations sociales en moins dès les premiers mois.

À gauche, changement complet de logiciel.

Mélenchon veut distinguer le capital spéculatif du capital productif. Glucksmann veut s’attaquer à l’optimisation fiscale et aux « méga-héritiers ».

En clair : à droite, on promet de desserrer l’étau fiscal sur les entreprises ; à gauche, on promet de faire davantage contribuer les plus riches.

La bataille des milliards vient officiellement de commencer.

travail : travailler plus ou gagner plus ?

Le vieux débat revient, et il n’a rien perdu de sa capacité à électriser les plateaux.

Jean-Luc Mélenchon veut augmenter le Smic et les salaires.

Raphaël Glucksmann défend une hausse de la taxation des très grandes successions, avec une baisse de la CSG sur les salaires.

À droite et au centre, priorité à la baisse du coût du travail.

Bruno Retailleau propose même « zéro cotisation, ni salariale, ni patronale » à partir de la 36e heure travaillée.

Traduction : pour certains, il faut travailler davantage ; pour d’autres, il faut d’abord mieux rémunérer le travail.

Et derrière cette bataille de slogans se cache une question explosive : qui va payer ?

énergie : nucléaire contre renouvelables, le match est lancé

Sur l’énergie, les lignes sont tout aussi tranchées.

Marine Tondelier défend les renouvelables et réclame une électricité stable et compétitive.

Jean-Luc Mélenchon critique les nouveaux équipements nucléaires, tandis que Bruno Retailleau place le nucléaire au cœur de la souveraineté énergétique et promet une baisse de 10 % du prix de l’énergie.

Marine Le Pen veut frapper encore plus fort avec une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l’ensemble des énergies.

Promesses spectaculaires, mais question moins glamour : combien cela coûtera-t-il aux finances publiques ?

Car dans cette présidentielle qui commence à peine, tout le monde veut baisser les prix, réduire les impôts, augmenter certains revenus, investir massivement et redresser les comptes.

Le problème, c’est que les additions, elles, continuent de grimper.

logement : le grand chantier électoral

Gabriel Attal fait de l’accession à la propriété l’un de ses marqueurs et promet un nouveau choc de simplification pour construire davantage.

Mélenchon répond avec la question des passoires thermiques.

Bruno Retailleau, lui, mise sur la natalité et propose des taux d’emprunt immobiliers aidés par l’État pour les familles : 50 % au premier enfant, 75 % au deuxième et 100 % au troisième.

Là encore, chacun cherche sa formule pour séduire les jeunes générations, devenues centrales dans la bataille électorale.

et l’Europe dans tout ça ?

L’Union européenne n’a évidemment pas échappé au règlement de comptes.

Marine Le Pen veut réduire la contribution française au budget européen.

Édouard Philippe, à l’inverse, défend une Europe capable de répondre aux défis commerciaux et géopolitiques, notamment face à la Chine. Il appelle clairement les Européens à se réveiller.

Raphaël Glucksmann veut une Europe plus ambitieuse dans l’intelligence artificielle, allant jusqu’à parler d’un « projet Manhattan de l’IA ».

Jean-Luc Mélenchon, lui, prévient : si l’Europe prend des décisions contraires aux intérêts exprimés par les Français dans les urnes, « nous désobéirons ».

Encore une fracture.

le vrai enseignement : la présidentielle est déjà lancée

Cette rencontre du Medef avait officiellement tout d’un débat économique. Elle ressemblait surtout à une répétition générale de la présidentielle.

Les candidats ont testé leurs punchlines, affiché leurs différences et commencé à marquer leur territoire.

À droite, on parle baisse des charges, réduction des dépenses, travail et simplification.

À gauche, on parle salaires, redistribution, fiscalité des plus riches et intervention de l’État.

Au RN, on combine baisse des impôts, immigration, Europe et pouvoir d’achat.

Et au centre, Gabriel Attal et Édouard Philippe cherchent déjà à occuper l’espace du « sérieux économique », quitte à se marcher dessus.

Le plus savoureux dans cette affaire ?

Ils sont tous venus expliquer comment réparer la France.

Mais avant même que les Français aient glissé le moindre bulletin dans l’urne, ils ont surtout démontré une chose : la bataille pour l’Élysée sera brutale, et personne n’a l’intention de faire de cadeau à son voisin.

Le coup d’envoi est donné.

Et à ce rythme-là, 2027 risque de commencer bien avant 2027.

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