« Échec total » : le rapport qui fait exploser la stratégie du gouvernement sur les aides carburant

Seulement 24 % des Français éligibles ont touché les aides carburant. Trois mois après leur lancement, le bilan est cinglant. Un rapport parlementaire signé par le député PS Philippe Brun accuse le gouvernement d’avoir complètement raté sa réponse à la flambée des prix du carburant provoquée par la guerre en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz.

Pour le parlementaire, le constat est sans appel : « Cette aide n’a servi à rien. »

24 % de bénéficiaires : le chiffre qui fait mal

Le rapport publié ce 15 juillet dresse un constat brutal : à peine un quart des personnes éligibles ont effectivement reçu l’aide. Résultat : seulement 1,1 million de Français ont bénéficié du dispositif, pour un coût d’environ 70 millions d’euros, une somme que Philippe Brun qualifie d’« épaisseur du trait » pour les finances publiques.

Le député socialiste dénonce un « échec total » du gouvernement et estime que les ministres concernés ont complètement manqué leur objectif.

« L’aide n’a concerné personne. »

Des aides arrivées… après la bataille

Le principal reproche porte sur le calendrier.

Alors que les prix à la pompe ont commencé à grimper dès la fin février, le portail de demande n’a ouvert que fin mai, et les premiers versements ne sont intervenus qu’en juin.

Pour Philippe Brun, l’État a réagi beaucoup trop tard.

« On a arrosé du sable sans aider les gens à défendre leur pouvoir d’achat. »

Une formule choc qui résume, selon lui, toute l’inefficacité du dispositif.

L’Espagne et la Grèce montrent une autre voie

Le rapport compare la stratégie française à celle de plusieurs voisins européens.

En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez a rapidement déployé plus de 80 mesures économiques, dont une baisse de la TVA sur l’essence.

En Grèce, une carte carburant permettait aux automobilistes de recevoir entre 25 et 60 euros par mois.

Face à ces exemples, Philippe Brun juge la réponse française timide, tardive et largement insuffisante.

Il propose désormais une TVA ou une fiscalité flottante sur les carburants, permettant de réduire automatiquement les taxes lorsque les prix explosent.

Le gouvernement contre-attaque

L’exécutif rejette totalement les conclusions du rapport.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, rappelle que le dispositif reposait volontairement sur une démarche en ligne, ce qui explique selon elle que tous les bénéficiaires potentiels ne l’aient pas demandé.

Elle dénonce également les propos de Philippe Brun.

« Dire qu’on a arrosé du sable, c’est extrêmement méprisant pour les 1,1 million de Français qui ont demandé et touché cette aide. »

Selon elle, le rapport est « à côté de la réalité », tandis qu’un bilan officiel sera présenté prochainement par le Premier ministre.

Le débat sur le « modèle espagnol » relancé

Pour justifier les différences avec Madrid, Maud Bregeon affirme que l’Espagne peut financer davantage d’aides grâce aux réformes engagées, notamment sur les retraites.

Une explication contestée par l’opposition, qui rappelle que le gouvernement espagnol a également revalorisé les retraites sur l’inflation, augmenté fortement le salaire minimum et mis en place des mesures de plafonnement des loyers, autant de politiques visant à soutenir le pouvoir d’achat.

Une polémique qui ne fait que commencer

À l’heure où les Français continuent de subir des prix élevés à la pompe, ce rapport relance avec force le débat sur la capacité de l’État à répondre efficacement aux crises du pouvoir d’achat.

Pour Philippe Brun, le verdict est déjà tombé : des aides trop faibles, trop tardives et trop compliquées pour produire un véritable effet.

Le gouvernement, lui, défend un dispositif ciblé qu’il juge responsable. Mais une chose est certaine : le chiffre des 24 % risque de poursuivre l’exécutif pendant longtemps.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *