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Tour Eiffel : le scandale des femmes priées de disparaître

 

    Des salariées écartées, certaines remplacées par des hommes, d’autres invitées à éviter certaines zones : si les témoignages sont confirmés, la tour Eiffel aurait adapté son fonctionnement pour répondre aux exigences d’une délégation. La direction reconnaît elle-même que ces conditions « n’auraient pas dû être acceptées ». Et c’est précisément là que commence le scandale.

Il ne s’agit pas d’un simple couac logistique.

Selon des salariés, des femmes auraient été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l’écart. À certains endroits, elles auraient été remplacées par des hommes. D’autres auraient reçu pour consigne de ne pas traverser certaines zones durant la visite.

Autrement dit : leur présence aurait été jugée indésirable.

Si ces faits sont établis, une institution française aurait accepté de faire passer une exigence extérieure avant un principe élémentaire : l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une concession de trop

La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que « ces conditions n’auraient pas dû être acceptées », précisant qu’elles ne sont conformes ni à ses valeurs ni aux principes d’égalité.

Mais une question demeure : qui les a acceptées ?

Car on ne parle pas ici d’une modification d’itinéraire ou d’une mesure de sécurité. On parle de salariées auxquelles il aurait été demandé de s’effacer.

Et cela n’a rien d’anodin.

Les principes républicains ne sont pas des options que l’on active ou désactive selon les visiteurs accueillis.

La tour Eiffel n’est pas une zone de compromis

Respecter les convictions religieuses ou culturelles d’une délégation est une chose.

Accepter qu’elles dictent la place des femmes en est une autre.

La France peut accueillir toutes les cultures. Elle n’a pas à négocier l’égalité.

C’est précisément ce qui rend l’affaire si explosive : si une demande de cette nature a réellement été satisfaite, pourquoi personne n’a immédiatement répondu non ?

Le symbole est lourd

Et tout cela se serait déroulé à la tour Eiffel.

Un monument mondialement connu, au cœur de Paris, dont la portée dépasse largement sa fonction touristique.

Puis, face au refus des salariés de reprendre le travail, le monument est resté fermé lundi.

Sur son site, la direction évoquait simplement une « ouverture retardée » pour « des raisons opérationnelles ».

Une formule bien pudique pour une crise qui touche directement aux valeurs affichées par l’institution.

« On ne cache pas les femmes »

Les réactions politiques ont rapidement suivi.

Emmanuel Grégoire a qualifié les conditions imposées de « inacceptables » et annoncé une enquête. Ariel Weil, président de la SETE, affirme ne pas avoir été informé de la visite et promet de « faire la lumière » sur les faits.

Valérie Pécresse s’est dite « choquée ».

Michel Barnier a, lui, résumé la polémique en une phrase : « On ne cache pas les femmes. On ne les efface pas. »

Difficile de trouver meilleure formule.

Maintenant, il faut des réponses

La SETE promet d’en tirer « toutes les conséquences ».

Il faudra surtout établir qui a décidé, qui a validé et pourquoi personne n’a stoppé ces consignes immédiatement.

Car une institution peut accueillir une délégation étrangère sans renoncer à ses propres règles.

La diplomatie n’oblige pas à courber l’échine. Le respect des cultures n’impose pas l’effacement des femmes.

La tour Eiffel doit rouvrir mardi matin dans des conditions normales.

Très bien.

Mais l’essentiel est ailleurs : si ces faits sont confirmés, il faudra que la prochaine réponse à une demande similaire soit immédiate et sans négociation : non.

Parce qu’à la tour Eiffel comme ailleurs, l’égalité n’est pas une faveur accordée aux femmes. C’est un principe.

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